« L'Europe ressemblera au Japon »
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Jean-Pierre Petit, économisteComment analysez-vous le dernier chiffre de la croissance américaine ?Avec le niveau élevé de profitabilité et un taux d'épargne des ménages déjà bien remonté, il reste un potentiel de croissance, même si celle-ci restera prochainement médiocre. L'analyse des différentes composantes du PIB ne laisse pas penser que l'économie américaine est en danger immédiat de double récession.Pourtant, certains économistes parlent déjà de scénario à la japonaise, celui d'une longue stagnation...Sur fond de déflation, la croissance nominale annuelle du Japon sur les vingt dernières années n'a été que de 0,4 %, signe que le pays est entré dans un cercle vicieux déflationniste. À cela s'ajoutent une baisse de la population active et une gouvernance lamentable. Il y a des pressions déflationnistes aux États-Unis mais ceux-ci bénéficient d'une culture du risque, d'une flexibilité plus forte, d'une meilleure gouvernance et d'une démographie plus favorable. De plus, la Réserve fédérale fera tout pour dynamiser la croissance.Que se passera-t-il en Europe ?C'est plutôt l'Europe qui ressemblera au Japon que les États-Unis. Certes, les anticipations d'inflation restent positives, il n'y a pas de bulle immobilière en Allemagne et la démographie, en France, notamment, est relativement bonne, tandis que le système bancaire est sorti de crise. Mais la zone euro, et sa croissance réelle de seulement 1% entre 2000 et 2010, ne bénéficie pas des atouts américains : elle a une gouvernance faible, moins d'innovations et un retard en termes d'ajustements sur l'emploi et l'immobilier.Propos recueillis par L.J.B.
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