« Emilia Pérez » remporte sept césars, dont celui du meilleur film, « L’Histoire de Souleymane » s’impose comme l’autre grand vainqueur de l’année.La polémique n'aura finalement pas franchi l'Atlantique. Ignorant l'affaire des tweets de Karla Sofía Gascón qui pourrait pénaliser Jacques Audiard pour les Oscars cette nuit, les votants français ont hissé le réalisateur et son film Emilia Pérez en tête des récompenses, avec sept césars, dont celui du meilleur film, dans des catégories variées comme l'adaptation, la réalisation, la photo et la musique (pour Camille et Clément Ducol).
Les deux grands favoris de la soirée n'ont rien pu y faire, avec deux prix pour Le Comte de Monte-Cristo, de Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière (décors et costumes), pourtant nommé dans 14 catégories, et un pour L'Amour ouf, de Gilles Lellouche (meilleur acteur dans un second rôle pour Alain Chabat), nommé 13 fois. Ces blockbusters à plusieurs millions d'entrées ont été devancés par des films d'auteur à plus petit budget : L'Histoire de Souleymane, le thriller social de Boris Lojkine (quatre césars dont celui du scénario), Vingt dieux, le drame agricole jurassien de Louise Courvoisier (deux césars dont celui du premier film) ou encore Le Roman de Jim, récit des frères Larrieu sur une paternité confisquée.
Abou Sangaré, césar de la révélation masculine pour Souleymane et acteur non professionnel au destin similaire à celui de son personnage de livreur sans papiers, a remercié le réalisateur pour « cette intégration au sein de l'humanité » alors qu'avant le film il « se sentai[t] comme en prison ». Maïwène Barthélemy, l'actrice-agricultrice de Vingt Dieux, soulevait, elle, sa statuette en lâchant un « Oh la vache ! » fort à propos.