« Magma », « Au pays de nos frères », « Vermiglio ou La Mariée des montagnes »... Nos critiques cinéma de la semaine
Aurélien Cabrol

Notre sélection cinéma de la semaine.
Furyo FIlms/Limited Circle/Baldr Film ; Pyramide films ; Paname Distribution
Aurélien Cabrol

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À l'origine de ce film de fiction réalisé par Cyprien Vial, son troisième long-métrage après Bébé tigre (2014) et Embrasse-moi ! (2017), on trouve La Soufrière (1977), un court-métrage de l'iconoclaste cinéaste allemand Werner Herzog. Ce dernier décrivait la ville de Basse-Terre évacuée au cours de l'été 1976, alors que le volcan guadeloupéen menaçait de se réveiller.
Avec Magma, Cyprien Vial nous en propose comme une version longue et fictionnée, à travers principalement le portrait de Katia Reiter, une volcanologue expérimentée qu'incarne Marina Foïs. Le film décrit fidèlement les tensions politiques et sociales qu'entraîna la décision d'évacuer au total près de 75 000 personnes. Mais plus encore les très fortes tensions scientifiques faisant écho à la polémique bien réelle qui opposa
à l'époque le volcanologue Haroun Tazieff et le scientifique Claude Allègre.
C'est peut-être l'aspect le plus intéressant du film, qui montre une Guadeloupe tiraillée entre les affres du postcolonialisme et les impératifs de l'urgence écologique. D'autant plus que Magma rend parfaitement compte de la beauté sombre et austère de ces paysages volcaniques, bien loin de l'imagerie touristique trompeuse généralement véhiculée au cinéma. Tout en refusant, et c'est à porter à son crédit, de verser dans le catastrophisme des images de lave en fusion ou de maisons dévastées.

Cependant, on reste quelque peu sur sa faim quand le film refuse de détailler la relation entre la volcanologue et son adjoint, un jeune doctorant. Les scènes deviennent alors un peu trop didactiques et répétitives, comme si Cyprien Vial n'avait pas réellement
voulu donner sa chance à un scénario plus écrit et reposant moins sur un versant documentaire indéniablement passionnant. Reste qu'au milieu du film brille Marina Foïs, qui prouve une fois de plus que les rôles dramatiques lui réussissent. On croit sans retenue à son personnage rugueux, pas toujours aimable. Elle permet au film d'exister pleinement.
Malgré la censure, malgré la prison ou l'exil, le cinéma iranien n'en finit pas de nous donner de ses nouvelles, à travers des films aussi singuliers que majoritairement très réussis. Au pays de nos frères, du tandem Raha Amirfazli et Alireza Ghasemi, figure parmi cette catégorie d'excellence.
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Sur vingt ans, de 2001 à 2021, on y suit le destin de réfugiés afghans exilés en Iran. Les histoires de trois membres d'une même famille. Trois destins, ceux de Mohammad, Leila puis Qasem, pour dire les malheurs et les drames du quotidien. On sait gré aux deux cinéastes de ne pas montrer directement cette insoutenable violence et de la laisser hors champ. Ils en captent les manifestations et les conséquences autrement, faisant naître l'émotion malgré tout.
Le moindre geste prend alors une dimension symbolique qu'il faut regarder et apprécier à sa juste valeur. C'est précisément cette subtilité qui fait tout le prix
et le poids du film.
Grand prix du jury à la dernière Mostra de Venise, Vermiglio ou La Mariée des montagnes de Maura Delpero fait honneur à un cinéma italien pas toujours bien portant par ailleurs. Vermiglio, c'est le nom d'un petit village perdu des Alpes italiennes dans lequel, à l'hiver 1844, se réfugie Pietro, un jeune déserteur.

En tombant amoureux de la fille aînée de l'austère instituteur local puis en devenant son époux, il bouleverse la tranquillité de cette communauté rurale. Pour porter ce mélodrame pudique et romantique à la fois, le film développe une image magnifique, sur fond de paysages enneigés parfois oppressants, et que l'on doit à Mikhaïl Krichman, le chef opérateur du grand cinéaste russe Andreï Zviaguintsev.
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Les notes de Chopin accompagnent certaines scènes lyriques sans excès. La cinéaste accompagne ainsi à bas bruit des destinées humaines attachantes et fragiles. La tragédie rôde, mais c'est la grâce qui l'emporte en touchant le spectateur à travers une belle palette de sentiments subtils.
Aurélien Cabrol
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