Rencontrer Pascal Légitimus pour la première fois est un poil déconcertant. Un peu comme passer un scanner. Sans cette sensation de claustrophobie mais plutôt celle d'avoir été cernée dès la poignée de main et sans même avoir prononcé un mot. « Pourquoi vous penchez à gauche ? Vous avez un lumbago ? » Bingo !
Enfant mutique à la suite de deux années passées dans un sanatorium pour une décalcification osseuse, il développe une capacité extrasensorielle. Lui, « on ne la lui fait pas ». Mais alors vraiment pas ! À 66 ans, Pascal Légitimus est un citoyen désabusé qui ne croit plus en la société. Un incrédule qui se méfie de tout, surtout de l'information. Un désillusionné qui a envie de crier « zut, flûte, crotte, chi.r ! ».
La Tribune Dimanche — Dans Le Bémol, vous campez un chef d'orchestre en pleine crise existentielle.
Ça vous parle ?
PASCAL LÉGITIMUS — Tous les matins quand je me lève, je ressens cette petite crise existentielle. Même si je sais à peu près comment organiser ma journée, il y a toujours l'angoisse que du jour au lendemain, on se dise : « Légitimus ? Il est has been, on n'en veut plus ! »
Vous l'avez déjà entendu ?
Jamais. Même si je suis également scénariste, réalisateur et producteur, je vis quand même et aussi dans le désir des autres. J'aimerais qu'on me propose des rôles plus variés, comme celui de Chabat dans L'Amour ouf. Mon seul souci est de ne pas avoir d'« emploi ». Bourdon, lui, a un emploi similaire à celui de Clavier. Campan aussi, en jouant des rôles plus ou moins de victime. Je profite de cette interview pour lancer une bouteille à la mer. Je rêve de jouer un clochard, un homosexuel, un bourgeois, un taré !
Propos recueillis par Joséphine Simon-Michel, photos Sébastien Leban