La chronique de François Simon. Le bar TGV devient un « bistro », vraiment ?
François Simon
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Cette semaine, François Simon a testé le « Bistro TGV ».
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Cette semaine, François Simon a testé le « Bistro TGV ».
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Hou là là... Dans le flot de nouvelles contrariantes, rien ne nous est épargné. Mais, parmi nos valeurs détricotées, sont apparues les promesses du printemps, la fraîcheur des fontaines. Il y a peu est tombée cette nouvelle : le bar devient le Bistro TGV Inoui. Dans ce genre de bouleversement, pas une seconde à perdre, grimpons dans le premier TGV.
Dans nos petites têtes naissent alors des images. Peut-être aurait-il un habillage bois, des chaises Thonet, une caisse qui fait « ding », un patron râleur, un serveur mal luné ? Non. L'accueil est charmant, le décor glabre des TGV. À la limite, seules les toilettes du train nous rappellent notre nature contrariée en matière de propreté et nous rapprochent du bistrot.
Passons plutôt à la commande de la formule à 14,30 euros. Le croque-monsieur n'a pas une mauvaise tête : un peu cramé sur les bords, mais ce n'est pas grave. C'est même rassurant : l'intelligence artificielle n'est pas encore passée par là ; une âme humaine a laissé le bazar noircir quelque peu. Alors on s'embarque dans l'aventure le cœur confiant, l'esprit bistrotier. Mais badaboum, soudainement le mythe s'affaisse.
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La mâche devient plâtreuse, la fibre du pain de mie se désagrège en amas agglomérés, en caillots de bouffe. On a l'impression d'être sot. Pire, d'être trompé. On nous avait parlé de « bistro » et, bon enfant, dans le minimum de crédulité qu'il nous reste, nous étions partis le cœur en habit. Notre mémoire heureusement candide aurait dû pourtant se souvenir que la SNCF a entretenu avec la gastronomie un rapport singulier.
François Simon