Sarah Chougnet-Strudel, le bistrot en héritage
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Sarah Chougnet-Strudel au restaurant Au Trou Gascon, qu’elle vient de reprendre.
Maki Manoukian
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Sarah Chougnet-Strudel au restaurant Au Trou Gascon, qu’elle vient de reprendre.
Maki Manoukian
Du Vieux-Port à la capitale, il n'y a qu'un pas. On peut très bien avoir été, comme Sarah Chougnet-Strudel, l'une des figures de proue du réveil gastronomique ébouriffant que vit Marseille depuis deux ans et décider de revenir cuisiner à Paris. Boudé par de nombreux chefs partis ouvrir des auberges à la campagne, Paname était, pensait-on, saturé de restos copiés-collés, confisqué par un prix au mètre carré inabordable et un bitume pas assez vert pour l'éthique de la nouvelle génération...
Pourtant, l'attraction est intacte : « J'avais la bougeotte et envie d'un nouveau projet, et puis Paris, c'est chez moi [elle y est née], la scène culinaire y est très active et, vu du Sud, on a envie d'en faire partie ! » juge-t-elle, sans pour autant quitter Regain, son restaurant marseillais.
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La talentueuse trentenaire, déjà lauréate du prix de la jeunesse du festival Omnivore en 2022, manie désormais les fourneaux d'une véritable institution du 12e arrondissement : Au Trou Gascon, qui a été repris avec enthousiasme par Grégory Reibenberg (La Belle Équipe, Basique...) et Jean-Félix Frichot. Pendant cinquante ans, l'endroit fut le fief du chef Alain Dutournier (avec le Carré des Feuillants) et de sa femme : repaire d'une gastronomie gasconne et étoilée, où l'on mangeait une solide cuisine bourgeoise canaille faite de foie gras, de champignons, de canard confit, de poule faisane aux châtaignes et à la truffe et de lièvre à la royale.