Ces deux antennes de 15 mètres de diamètre détectent les ondes radio millimétriques provenant du fin fond de l'Univers. Cette image n'est pas extraite d'un film de science-fiction. Elle n'a pas non plus été prise dans le désert d'Atacama, au Chili, qui abrite le plus grand observatoire astronomique du monde, Alma, constitué de 66 antennes. Ce sol aride est celui du plateau de Bure, perché à 2 550 mètres d'altitude dans le massif du Dévoluy, dans les Hautes-Alpes. Les paraboles argentées sont tournées vers notre voûte céleste qui, ces prochains jours, sera traversée par des pluies de météoroïdes visibles à l'œil nu. Mais elles, ce qui les intéresse, ce sont les galaxies les plus éloignées, à des centaines de millions d'années-lumière...
Elles sont douze, réparties en T le long de l'observatoire Noema de l'Institut de radioastronomie millimétrique (Iram). L'ensemble constitue le radiotélescope le plus puissant de l'hémisphère Nord : il s'agit d'un interféromètre, qui combine les signaux captés par chaque dispositif et forme ainsi une seule giga-antenne. Tout se joue dans une minuscule salle des calculs emplie de machines.
La semaine dernière, des marques bleues toutes fraîches y délimitaient un nouvel espace de quelques mètres carrés qui va permettre de doubler la capacité d'observation. Un escalier y mène depuis l'immense hall de maintenance, où l'on se croit projeté dans Objectif Lune. Là, pas de Tintin ou de capitaine Haddock en combinaison orange mais des techniciens en casquette bleue de protection en train de nettoyer deux coupoles, chacun dans un chariot élévateur.