Quiberon, le secret (presque) bien gardé des Bretons
François Simon
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Vue aérienne de Quiberon.
LTD/JEROME HOUYVET/ONLYFRANCE
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Vue aérienne de Quiberon.
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Lorsque l'on fut une île et que le temps vous a rattrapée, saisi par la cheville pour vous immobilier dans un isthme, il y a de quoi enrager. Avoir le caractère ombrageux. On était îliens, nous voici continentaux. Enfin presque, tel est le destin des presqu'îles ; un fil à la patte, le renoncement fier et rageur. La terre est encore là avec ses vanités, sa dramaturgie constructive. Car ça y va, à Quiberon. On pourrait même construire sur les toits des voitures lorsqu'elle bouchonne sur la départementale depuis Auray.
Des constructions, de l'ardoise par ruissellements, des clôtures, des haies, des murets : comme le monde se crée des républiques lilliputiennes, tournicote en scoubidou, en névrose de parpaings ; s'asseoir sur les genoux de ses voisins. Sans doute parce que l'on veut se rapprocher, se pelotonner au plus près de ce qui est admirable ici. La mer. Elle est à droite, à gauche, derrière ; impavide, magnifique, allant et venant comme un métier à tisser. On y passerait des heures. On y passe des heures. On y puise l'éternité, les UV et une carnation abricot. On enrichit ses silences.
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François Simon