Réhabilitons le banana split !
François Simon
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François Simon milite pour le retour du banana split, trop longtemps relayé au rang de dessert « hasbeen ».
LTD/Alfred Evelina/Alamy via Reuters
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François Simon milite pour le retour du banana split, trop longtemps relayé au rang de dessert « hasbeen ».
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« J'ai pas peur des petits minets / Qui mangent leur ronron au drugstore » (Les Play-Boys, Jacques Dutronc, 1966). Chaque époque déprimante a recours aux mêmes remèdes, la nostalgie de certaines années. Les années 1960 et sa décennie prospère, enjouée, colorée, graphique, n'échappe pas à cette captation : les canapés s'arrondissent, la pop s'acidule ; les coupes de cheveux, les maquillages, bientôt les autos (à venir les Jaguar et leur insolence flashy), les sagas télévisées... Et bien entendu la table, avec les pâtés en croûte, le fromage de tête, les îles flottantes, les paris-brest. Et parmi les desserts glacés, le banana split, encore discret mais prêt à en découdre.
Il est né en 1904 dans une pharmacie - comme du reste le Coca-Cola et l'Orangina - à Latrobe (Pennsylvanie) sous la spatule de David Evans Strickler, désireux d'attirer les étudiants à son comptoir de soda et glaces. En 1902, au Japon, la pharmacie Shiseido était dans cette même démarche avec sa « soda fountain » dans l'un de ses établissements de Tokyo. Le banana split allait connaître son pic de popularité dans les années 1950-1960 aux États-Unis et par la suite en France.
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Il est alors l'expression d'une époque décomplexée, extravagante, surajoutant chromes, couleurs et chantilly. Baba Ram Dass (1931-2019), figure spirituelle américaine, l'évoque en termes de syndrome du play-boy. Ce dernier au summum de sa félicité, lorsqu'il prend son bain, il ne le fait pas banalement. Il lui faut beaucoup de mousse, mais également avec une coupe de champagne et un cigare.
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