ENTRETIEN — À 76 ans, le chanteur sort son seizième album studio. Un retour sous le signe de l'éphémère, après soixante ans de carrière.S'il a traversé six décennies, c'est aussi parce qu'il ne s'est jamais travesti. Dans les années 1970, Claude François l'avait pourtant initié aux yéyés, mais le jeune Le Govic a très vite préféré se détourner des sirènes d'Alexandrie. Avec son élégance naturelle et une discrétion désarmante, Alain Chamfort débarque au bar de l'hôtel Norman avec trente minutes d'avance.
Mais ne surtout pas se fier aux apparences. Car une fois en confiance, on ne l'arrête plus dans la confidence. À 76 ans, le jeune homme sort son seizième album studio, L'Impermanence, en référence au concept bouddhique qui rappelle que tout est éphémère. Vous avez dit éphémère ? Certainement pas avec ses soixante ans de carrière... Et une Manureva, forever.
Vous, le discret, vous ne nous aviez pas habitués à être aussi présent dans les médias...
Je n'ai jamais refusé les interviews. Bien au contraire, car j'ai toujours eu envie de faire connaître mon travail. Si l'on s'intéresse à moi, je suis là. Sinon, je passe à autre chose. Je vous le dis sans aucune animosité, mais je reconnais que la presse n'a pas toujours été très curieuse à mon égard. Ce n'est pas dans ma nature de me répandre si on ne me le demande pas. Vous savez, je n'ai jamais été un bon client à la télévision car je suis incapable de faire le show et de me donner en spectacle. Entrer dans un caractère qui n'est pas le mien m'a toujours demandé trop d'efforts. Pourtant, le regard des autres a longtemps été trop présent dans ma vie.
L'éducation que j'ai reçue. Ma mère était très soucieuse de l'image que ses enfants pouvaient renvoyer aux autres. Il fallait être poli, propre, discret. Autant de valeurs et de quête de perfectibilité qui m'ont accompagné depuis mon enfance. Aujourd'hui, après un long travail personnel, je ne tiens plus vraiment compte de ce que l'on pense de moi.
Propos recueillis par Joséphine Simon-Michel