Christine Angot et Alain Chamfort : prophètes du doute
Propos recueillis par Alexis Campion et Éric Mandel
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Christine Angot et Alain Chamfort
© LTD / Albert Facelly pour La Tribune Dimanche
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Christine Angot et Alain Chamfort
© LTD / Albert Facelly pour La Tribune Dimanche
Depuis ses premiers livres et jusqu'à son fi lm documentaire (Une famille, actuellement en salles), tranchante, implacable, elle dénonce sans relâche l'inceste qu'elle a subi adolescente, violée de nombreuses années par son père. Lui, dandy relax et invariablement pudique, illumine la chanson française depuis un demi-siècle déjà avec sa pop tout en suavité, cool, tour à tour dansante, caressante et murmurée (malgré sa voix de ténor). À 75 ans, il vient de publier son 15e album studio, L'Impermanence, point d'orgue d'une carrière riche en réinventions stylistiques (variété à la Claude François, électro-dance, rock dru et pop classieuse, piano-voix) et jalonnée de rencontres fécondes avec des paroliers de haut vol (Gainsbourg, Jacques Duvall durant trente ans, Pierre- Dominique Burgaud depuis 2010).
Les voilà donc réunis, ces deux artistes en apparence si différents. Le doux et la tranchante ? À y regarder de plus près, une évidence relie Alain Chamfort et Christine Angot, celle de sentiments irrémédiablement complexes qu'ils tâchent de délivrer sans jamais perdre de vue l'obsession du mot juste, de la note juste. Tous deux en permanence traversés par ce doute qui les pousse à se dépasser. À se raconter sans non plus se dévoiler tout à fait. À tenter de dépeindre le monde et la vie tels qu'ils sont, horriblement binaires, extraordinaires mais semés de blessures sévères, de victoires temporaires. Un amour possible ? À les observer le temps d'une séance photo, à les écouter converser dans un restaurant de Saint-Germain-des-Prés jeudi dernier, nous n'en avons pas douté. Eux non plus, qui se sont quittés d'une bise à la volée en échangeant leurs numéros et se promettant, en riant, qu'ils reparleront bientôt de la possibilité d'une chanson... en pas de deux ?
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