Michel Polnareff est un drôle d'animal. Il a été le roi des fourmis, la mouche, l'oiseau de nuit... On pourrait ajouter le phénix, l'oiseau mythique capable de renaître de ses cendres dans un cycle infini. Le cliché sied bien à l'artiste le plus génial et le plus timbré de sa génération, adepte des disparitions spatio-temporelles et des résurrections aussi inattendues que spectaculaires.
Il a survécu à la gloire fulgurante, aux accidents de la vie, aux escroqueries, à l'exil et à son grain de folie dont il a toujours su jouer pour nourrir - et parfois abîmer - sa légende. À bientôt 81 ans (le 3 juillet), Michel Polnareff est toujours là, et c'est peu dire qu'il détonne dans le cadre guindé du Trianon, un palace versaillais à deux pas du château de Louis XIV.
Lunettes blanches indéboulonnables, teint hâlé, crinière blonde, chemise hawaïenne grande ouverte sur son torse orné d'un pendentif censé le protéger contre les ondes 5G. Il est 15 heures et Michel Polnareff se montre d'humeur joviale en sirotant une coupe de champagne Veuve Clicquot.
« J'ai réussi à vaincre le décalage horaire, il m'aura fallu six jours, une horreur », confie le chanteur avant d'interrompre l'interview pour répondre au téléphone à son fils Louka, 14 ans, qu'il appelle « BB ». Un papa poule de toute évidence et un artiste toujours inspiré comme le prouve son nouvel album, Un temps pour elles, annoncé pour le 25 avril.