EXPOS : Bourdelle et Rodin, mano a mano
Daniel Schick
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L'exposition « Rodin / Bourdelle – Corps à corps » se déroule tour à tour à Paris, Roubaix et Montauban.
LTD/Nicolas Borel
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L'exposition « Rodin / Bourdelle – Corps à corps » se déroule tour à tour à Paris, Roubaix et Montauban.
LTD/Nicolas Borel
La sculpture est affaire de mains, et modeler n'est pas tailler. Auguste Rodin a rêvé ses œuvres, a malaxé leur argile, surveillé leur exécution, maîtrisé leur présentation. Mais, pour tailler la pierre, il fit appel aux mains des autres, dont celles de Camille Claudel. Comme elle, Antoine Bourdelle (1861-1929) commence sa carrière comme praticien de Rodin et travaille le marbre pendant quinze ans, sculptant en parallèle ses propres œuvres. Bourdelle parvient à quitter l'ogre Rodin et finit par s'envoler. À partir de 1907, il voyage, expose, éclôt.
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Les mains en or de Bourdelle ont de qui tenir. Son père était un artisan menuisier-ébéniste talentueux, une référence à Montauban. Afin de devenir un grand sculpteur, être un excellent dessinateur, c'est mieux. Bourdelle l'est. L'enfant est repéré par son instituteur et appuyé par sa mère, elle-même fille de tisserand. On songe au film réalisé par Patrick Schulmann Et la tendresse, bordel ? Bordelles était le véritable nom de Bourdelle, qui le transforma afin que personne ne fît l'analogie. Raté. De la tendresse, Bourdelle en reçut beaucoup. Il eut un grand demi-frère. Celui-ci mourut. Le père reporta sa tendresse et son ambition sur Antoine. Le gamin fait les beaux-arts de Toulouse avant d'être accepté à l'École des beaux-arts de Paris. Rodin n'eut pas cette chance, recalé à chaque tentative d'y entrer.
Daniel Schick
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