Wolinski, même pas mort
Daniel Schick
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Les trois filles du dessinateur Georges Wolinksi se confient sur leur père à « La Tribune Dimanche ».
LTD/Courtesy Huberty & Breyne 2024
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Les trois filles du dessinateur Georges Wolinksi se confient sur leur père à « La Tribune Dimanche ».
LTD/Courtesy Huberty & Breyne 2024
7 janvier 2015, 11 h 30, rue Nicolas-Appert, 11e arrondissement de Paris : le calme. Au numéro 6, une joyeuse équipe de dessinateurs « insolents » est en réunion. Soudain, l'impensable, l'inconcevable. Des coups de feu à l'arme automatique. La mort. Parmi les douze personnes assassinées, le dessinateur Georges Wolinski. La bande de dessinateurs préparait le prochain numéro de Charlie Hebdo.
Mort, Wolinski ? Pas complètement. Ses dessins, émanations intrinsèques de son être révolté et indigné, vivent encore. Les sujets croqués par Wolinski n'ont pas disparu. Injustices en tous genres, indécences d'un monde fou, rapports hommes-femmes, racismes (anti-Juifs, anti-Arabes, anti-chiens, anti-enfants, anti-journalistes, anti-Noirs, anti-fourmis), l'Europe, le cannabis, les choses de l'amour, ce que Wolinski a dessiné avec gourmandise, lucidité et pas mal de pessimisme est toujours d'actualité, toujours en flammes.
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Wolinski se racontait ainsi : « L'humoriste est rarement un salaud. C'est un homme sans illusions... Je suis un dessinateur de presse avant tout, un chroniqueur de l'actualité, de la politique, du temps qui passe... Heureusement que le monde va mal, je n'aurais pas supporté d'aller mal dans un monde qui va bien ! » En 1968, Wolinski est au bon moment, au bon endroit, en adéquation avec le cours de l'Histoire, il explose. Quelques décennies plus tard, bien lové dans un appartement de Saint-Germain-des-Prés, fou de Jaguar, il se résume avec autodérision : « J'ai fait Mai 68 pour ne pas devenir ce que je suis devenu ! »
Daniel Schick