Le MuMa, un musée au bord de la mer
Par Daniel Schick
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En 1961, cette architecture moderne et transparente étonne et détonne au milieu du béton armé.
© Laurent Lachevre
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En 1961, cette architecture moderne et transparente étonne et détonne au milieu du béton armé.
© Laurent Lachevre
D'abord les mouettes, le port, la mer, ensuite les vaches. Dans le musée ancré au bord de la mer, pas loin de l'horizon, juste à côté de l'immense port industriel du Havre, on entend les mouettes. Mais quelles mouettes entend-on vraiment ? Celles qui voltigent dans un tableau de Pissarro représentant le port peint en 1903 ou celles qui ont choisi le toit du musée comme aire de cris ? Dans le musée, on entend parfois les sirènes. Mais lesquelles ? Celles émises par les bateaux exposés sur les cimaises où celles de ceux qui filent vers la mer, au large des tableaux ? Un léger embrun marin se faufile dans le musée. Le rêve-t-on ? En l'occurrence non. Le charme et la force du musée sont là : de celui-ci on voit la mer. Dans celui-ci, on la voit aussi.
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Et il y a les vaches. Elles paissent, nonchalantes, accrochées par dizaines sur un mur, toutes peintes par le Normand Eugène Boudin, davantage comme exercice de style que par passion pour les bovidés. Si l'on est venu au Havre en train, par la fenêtre qui forme le cadre de tableaux vivants, on peut voir des vaches ruminer comme celles de Boudin. Paysages de la région et représentations de ces paysages dans le musée, tout se répond, se complète, se prolonge. Le musée est en Normandie et la Normandie est dans le musée. La collection est composée de près de quatre mille œuvres, des dons essentiellement, comme ceux de la famille Senn, riche famille havraise, ou ce tableau de Georges Braque légué par surprise au musée par Florence Malraux, l'ayant elle-même reçu de son père André, l'homme qui a voulu le musée.
Par Daniel Schick