Livre : « J’ai péché, péché dans le plaisir », les envoûtements d’Abnousse Shalmani

Anna Cabana
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Abnousse Shalmani.
Serge Picard / Agence VU

Anna Cabana
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Abnousse Shalmani.
Serge Picard / Agence VU
J'ai péché, péché dans le plaisir arrive à point nommé. Le parler haut, dramatique, empressé de la polémiste enflammeuse de plateaux allait finir par faire oublier qu'Abnousse Shalmani est d'abord une écrivaine. Tiens, on l'entend déjà nous reprendre, chevelure rougeoyante de colère, nous dire qu'elle est « un écrivain », et qu'on ne compte pas sur elle pour « accepter l'idéologie victimaire qui sous-tend la féminisation des fonctions, cheval de Troie de l'écriture inclusive » - et si vous ne l'arrêtez pas dans sa cavalcade elle peut continuer longtemps... Jamais devant un micro vous ne verrez cette pasionaria plus-universaliste-qu'elle-tu-meurs hésiter à sortir la hache pour tuer un moustique.
À lire également
Dans le roman envoûtant qu'elle consacre à la poétesse iranienne Forough Farrokhzad, c'est autre chose : elle se garde de l'emphase comme de l'excès de mots. Dès la première page, elle écrit « la poète » sans commentaire, sans indignation, et le délit est encore plus fort, parce que cette proclamation obstinée contient tout. La rébellion - c'est du reste le titre d'un recueil de Forough Farrokhzad - contre les diktats du nouveau monde et du néoféminisme ; la conviction que les femmes ne sont rien moins que des hommes comme les autres, nom de nom !
Anna Cabana