Ainsi est-il. Âme fragile. Esprit juvénile. Car la vie de cet éternel gamin né sur les bords du lac Timsah il y a soixante-seize ans n'a pas toujours été un long fleuve tranquille. Il a beau sortir son 18e album studio, l'angoisse reste toujours la même. Celle de réussir à nous transmettre les émotions primaires. Ses chansons sont comme un armistice à la haine. N'a-t‑il pas raison de nous rappeler qu'« on ne dit jamais assez aux gens qu'on aime qu'on les aime » ?
Avec ses quatre enfants, Émilie - réalisatrice et documentariste, Matthieu, Anna et Joseph, puis sa petite-fille Billie, tous quatre chanteurs, ils forment le clan Chedid, où talent et discrétion se transmettent de génération en génération. Il me donne rendez-vous dans sa maison, à quelques pas du cimetière Montparnasse. Au rez-de-chaussée, son studio d'enregistrement. Il y a une sagesse apaisante chez ce bon homme. Et puis son dernier album, Rêveur rêveur, n'est que tendresse et délicatesse. Merci, Louis, de nous faire autant rêver, rêver.
Comment faites-vous pour continuer à rêver ?
Je ne fréquente pas de personnes toxiques. Et même si le monde tourne mal, il reste toujours de la bienveillance chez beaucoup d'humains avec cette soif de parler d'émotions primaires. Je crois encore à l'humain. Il y a plus de choses positives que de négatives ; on met la loupe sur le négatif.
Je suis là est l'un des titres de votre album. On vous l'a souvent dit, petit, « Je suis là » ?