Nos critiques cinéma de la semaine
Alexis Campion et Aurélien Cabrol
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« La Tribune Dimanche » présente ses critiques cinéma de la semaine.
LTD/Memento films
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LTD/Memento films
Le nouveau cinéma roumain issu de la chute du communisme n'en finit pas de nous donner de ses (bonnes) nouvelles avec des films aussi dérangeants que passionnants. C'est bien le cas de Trois Kilomètres jusqu'à la fin du monde, d'Emanuel Parvu, découvert à Cannes en mai. Dans un joli et paisible petit village de la plaine du Danube, Adi, un jeune lycéen en partance pour l'université de la grande ville, vient passer son été en famille. Mais la carte postale se détraque bien vite quand on découvre par hasard l'homosexualité d'Adi. Un odieux tabassage en découle et la machine de l'hypocrisie, de l'intolérance et de l'homophobie se met en branle. Le tout sur fond de religion omniprésente, par le biais d'un prêtre exorciste aux pratiques expéditives venu du fin fond de l'obscurantisme.

Trois Kilomètres jusqu'à la fin du monde est un film d'Emanuel Parvu, avec Laura Vasiliu, Bogdan Dumitrache et Ciprian Chiujdea. (Crédits : LTD/Dulac Distribution)
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Quant au chef de la police locale, il se retrouve pris au piège d'une communauté qui se divise. L'absolue réussite du film tient d'abord à ce que le réalisateur ne cède jamais aux sirènes du voyeurisme et de la complaisance veule. Très habilement, il mène son film comme un thriller avec des questions récurrentes : jusqu'où ira cette violence culturelle, sociale et politique ? Comment Adi peut-il se sortir vivant d'un tel cauchemar éveillé ? Quelle est cette part d'inhumanité qui rôde ? La tranquille beauté des paysages tranche avec ce portrait au scalpel, comme si l'enfer pouvait se dérouler dans un cadre radieux. Et c'est manifestement le cas, semble nous dire le cinéaste à travers un film qui conjugue sans cesse émotion et efficacité.
Alexis Campion et Aurélien Cabrol