Quand la chasse au trésor se met au service du patrimoine
Fanny Arlandis
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Trente ans déjà que la mythique « Chouette d'Or », estimée alors à plus de 1 million de francs (environ 150 000 euros), est introuvable. La plus longue chasse au trésor jamais lancée n'en finit pas de déchaîner les passions - on estime qu'au moins 200 000 personnes s'y sont attelées depuis 1993. « La Chouette d'Or a suscité un phénomène social dont la portée dépasse le simple succès de librairie ou le phénomène de mode », raconte l'anthropologue et docteur en psychologie Patrick Schmoll. Ce jeu, le premier en France d'une telle ampleur, a scellé l'engouement pour les mécanismes ludiques, les chasses au trésor d'abord, puis les escape games à partir des années 2010.
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Tout le monde s'y est mis et en premier lieu les professionnels du tourisme, qui se sont emparés de cet outil pour valoriser le patrimoine naturel, industriel, architectural ou historique de leur territoire. Dès 2011, le Limousin et la Nouvelle-Aquitaine ont lancé leur aventure de géocaching Tèrra Aventura. Le principe : répondre à des énigmes et se rendre de cache en cache grâce aux coordonnées GPS pour mettre la main sur un trésor final (un pin's caché dans une gourde) « en forçant le joueur à lever les yeux », explique Éloïse Mondanel, chargée de promotion et de communication à l'office de tourisme Ventadour-Égletons-Monédières, en Corrèze. Chaque année, le catalogue des 600 parcours est enrichi, et depuis 2023 la petite commune d'Égletons - 5 000 habitants - possède elle aussi sa propre chasse au trésor.
Fanny Arlandis