ENTRETIEN - Dans le cadre intimiste du Bristol, la réalisatrice Mélanie Laurent et la comédienne Adèle Exarchopoulos se livrent avec bonne humeur et intimité sur le film qui les réunit : Voleuses. Interview croisée. Voleuses marque votre première incursion dans la comédie d'action. Était-ce un désir de longue date ?
MÉLANIE LAURENT : C'est un vrai plaisir de spectatrice d'aller voir des films d'action. J'avais donc le petit fantasme d'en réaliser un. Mais c'est compliqué à écrire, à imaginer, surtout lorsque l'on a fait du film qualifié « d'auteur » sans d'énormes budgets. Puis on m'a proposé le projet alors que j'étais en plein montage du Bal des folles. J'étais super heureuse. J'ai vu ça comme une respiration.
Qu'est-ce qui vous a plu dans ce projet ?
ADÈLE EXARCHOPOULOS : Beaucoup d'amis très différents ont travaillé avec Mélanie et l'aiment beaucoup. En lisant le scénario, j'ai adoré l'idée de pouvoir faire un divertissement, ce que j'ai toujours trouvé essentiel, et d'y allier de l'action avec un côté ultra-décalé, presque à la Tarantino. On passe d'une scène dans un supermarché où on se demande ce qu'il y a de périmé à des réflexions profondes sur ce qu'est le sens de cette vie en tirant sur un drone. C'est génial.
Aviez-vous déjà vos actrices et acteurs en tête au moment de l'écriture ?
M.L.: J'ai écrit le personnage de Marraine pour Isabelle Adjani et celui d'Alex pour Adèle. C'était au point où si Adèle refusait le rôle, je n'étais pas complètement sûre de vouloir faire le film. Pour Isabelle Adjani, ç'aurait été compliqué, mais j'aurais pu trouver une idée complètement différente et essayer de l'oublier. Pas pour Adèle.
Qu'avez-vous aimé dans le personnage d'Alex ?
A.E. : Alex est une femme très complète et pleine de contradictions. C'est un immense cœur d'artichaut qui ne demande qu'à être aimé, qui se trompe parce qu'elle est maladroite, trop rapide, trop impatiente. Mais elle peut tuer de sang-froid pour un animal qu'elle aime ou pour ses amis.
Propos Recueillis Par Mathilde Fontaine