« Di(x)Vin(s) », « Histoire de la French touch », « Cycle Quentin Tarantino »... Notre sélection médias de la semaine
Éric Mandel, Rémi Jacob et Aurélien Cabrol

Découvrez notre sélection médias de la semaine du 16 juin 2025.
LTD/Mathieu Ninat/CANAL+
Éric Mandel, Rémi Jacob et Aurélien Cabrol

Découvrez notre sélection médias de la semaine du 16 juin 2025.
LTD/Mathieu Ninat/CANAL+
Quand il retrouve des amis, François-Xavier Demaison débouche toujours une bonne bouteille de vin. Pour son retour scénique avec ce quatrième spectacle déjà présenté en 2022 au Théâtre de l'Œuvre, à Paris, l'humoriste et comédien a choisi de suivre le même protocole. Du moins métaphoriquement.
Aucune dégustation n'est proposée au public dans ce one-man-show œnologique, mais un voyage dans le temps à travers l'histoire des dix grands nectars qui ont marqué sa vie d'où son titre malin, Di(x)vin(s). Dix bouteilles et autant de madeleines de Proust qui servent de fil rouge à François-Xavier Demaison pour se raconter avec sincérité et une sacrée dose d'autodérision.
Il revient ainsi sur ses vacances dans la Creuse chez ses grands-parents qui avaient débouché un saint-pourçain le jour de sa naissance. « C'est calme, la Creuse, y a des types qui se tirent une balle dans la tête rien que pour entendre du bruit. » Il raconte son premier trauma, à 9 ans, en 1982, lors du match de foot France-Allemagne. Le père avait sorti un champagne Jacques Selosse, finalement remplacé par du cidre après la défaite de Bleus.
Sa première ivresse ? Il la connaîtra à 18 ans, avec un Château Ducru-Beaucaillou offert par ses parents après son bac. Coup de foudre immédiat, non sans risques : « On croit tenir l'alcool. Puis un jour c'est l'alcool qui vous tient », rappelle François-Xavier Demaison. « Heureusement, je ne bois jamais seul. Du coup, j'ai plein d'amis-prétextes », s'amuse l'humoriste, qui a eu l'idée de ce spectacle durant le confinement passé dans ses vignes catalanes.
Son seul en scène offre également de purs moments de fantaisie à la limite de l'absurde. Il imagine des dialogues désopilants entre François Cluzet et Napoléon, Jean Cocteau et Karl Lagerfeld, Christophe Colomb et un chef maya de la tribu des Plumes ardentes... Son sens de l'imitation fait mouche, comme sa gestuelle généreuse et précise, son art de la grimace et son aisance à se glisser dans la peau de personnages hauts en couleur.
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Comme son prof à Sciences-Po, un exilé politique hongrois, qui avait la délicatesse d'offrir une bouteille de tokay à ses élèves pour leur anniversaire. « Ce vin aura toujours le goût de la nuance, de la liberté, de la remise en question. » Ou encore ce rugbyman catalan plus vrai que nature reconverti dans les apéros-tapas gargantuesques, ou son coach de boxe à l'ancienne qui le surnomme « mon petit sanglier intrépide » avec lequel il partage un gevrey-chambertin pour fêter la réouverture de sa salle après le confinement.
L'ancien consultant en fiscalité reconverti en saltimbanque après les attentats du 11 septembre 2001 célèbre également sa passion pour le théâtre. Il revisite ainsi la tirade des « Non, merci » de Cyrano de Bergerac avec brio pour en faire un manifeste personnel. Et livre un final à la fois drôle et émouvant, en s'imaginant fêter l'anniversaire de ses 94 printemps atteint de la maladie d'Alzheimer. On n'en dira pas plus... Un excellent cru, à déguster sans modération.
Di(x)Vin(s). Mercredi à 21 heures. Canal+. (Spectacle)
C'est un podcast électrisant de France Inter qui nous embarque à la découverte des coulisses de la French touch. La French quoi ? Pour ceux qui seraient totalement passés à côté, on rembobine. Il y a trente ans, le 8 mai 1995, sort dans les bacs le morceau Da Funk concocté par le groupe Daft Punk. La hype est lancée.

Dans la foulée émergent une ribambelle de petits génies de la house, tels Étienne de Crécy, Cassius, Bob Sinclar, Dimitri from Paris ou encore DJ Gregory, popularisant un type de musique jusqu'alors réservé à un public d'initiés. Dans cette série en douze volets, les journalistes Matthieu Culleron et Stéphane Jourdain sont allés fouiner dans leurs placards à archives.
Objectif : dénicher des pépites permettant d'offrir aux auditeurs un récit retraçant trente ans d'épopée musicale et articulé autour de 30 témoins qui livrent des anecdotes inédites et la plupart du temps sans filtre. On replonge, pêle-mêle, dans les premières raves, la rivalité entre les Daft Punk et Cassius, on évoque les sommes folles empochées par ces musiciens que le monde entier s'arrachait ou encore la façon dont les Daft Punk sont devenus... des robots.
Le tout de manière immersive et hyper documentée, à l'image du premier épisode dans lequel des proches qui ont connu Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo avant qu'ils ne forment Daft Punk livrent un récit extrêmement éclairant. À ne pas louper.
Histoire de la French touch, par Matthieu Culleron et Stéphane Jourdain.
À écouter sur le site de Radio France et les plateformes audio. Également diffusé sur l'antenne de France Inter cet été.
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« Les réalisateurs ne deviennent pas meilleurs en vieillissant. » C'est ainsi que Quentin Tarantino a justifié sa volonté de ne pas réaliser plus de dix films dans sa vie. En toute logique, le prochain devrait donc être le dernier, si l'on considère que les deux volets de Kill Bill n'en font qu'un.
En attendant ce jour qui viendra (ou pas, les vrais-faux adieux au cinéma, comme ceux au music-hall, sont légion, à Hollywood et ailleurs), Arte propose de se replonger dans la filmographie de cet enfant terrible et terriblement attachant du cinéma américain, à travers six films à voir et à revoir : Kill Bill 1 et 2, Reservoir Dogs, Boulevard de la mort, Jackie Brown, et Planet Terror, de son ami Robert Rodriguez.
Soit un stimulant programme de films devenus cultes et d'autres moins connus appartenant à la veine ultra-cinéphile de Tarantino quand il déclare sa flamme à la série B, voire à la série Z. Celui qui n'a cessé d'affirmer que son rêve le plus cher serait d'être le programmateur unique et permanent d'une cinémathèque a toujours cultivé son goût pour le cinéma de genre, comme pour la « blaxploitation », le cinéma hongkongais et la pop culture sous toutes ses formes.
Un cinéma de pur divertissement où il est rigoureusement interdit de se prendre vraiment au sérieux. Un cinéma qui assume son réjouissant bavardage autant que ses scènes d'action chorégraphiées comme sur une scène de théâtre. Avec Tarantino, le spectateur en a toujours plein les yeux et les oreilles !
Cycle Quentin Tarantino sur Arte, les 22, 23 et 30 juin à partir de 21 heures et sur Arte.tv et YouTube du 22 juin au 21 septembre.
Éric Mandel, Rémi Jacob et Aurélien Cabrol