CHRONIQUE LE MONDE À L’ENDROIT — L’Europe doit appeler à la résistance
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Retrouvez les chroniques de François Clemenceau tous les dimanches.
LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
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Ce n'est pas tous les jours que le chef du MI6, le service de renseignement extérieur britannique, s'exprime en public. Vendredi matin, dans les salons de la résidence de l'ambassadrice du Royaume-Uni à Paris, sir Richard Moore ne s'est pas adonné à l'art anglais délicieux de la litote. « En trente-sept ans de service dans l'espionnage, je n'ai jamais vu le monde aussi dangereux. » Terrorisme, conflits, prolifération, mais aussi, comme une évidence à ses yeux, l'Ukraine : « Si l'on permet à Poutine de réussir à faire de l'Ukraine un État vassal, il ne s'arrêtera pas là. »
Qu'il est loin le temps où les oligarques russes venaient investir leur argent sale dans les quartiers huppés de Londres et les clubs de football anglais ! Et le maître espion de Vauxhall Cross, ce quartier général immortalisé par les films les plus récents de James Bond, de carrément mettre en garde le chef du Kremlin. « La Russie devrait éviter de commettre l'erreur que font tous les États autoritaires, en confondant les magnifiques querelles et insolences de nos démocraties orageuses avec de la faiblesse et de l'hésitation. »
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Si les services russes sont toujours aussi performants, il est probable que Vladimir Poutine ait pris connaissance de ces propos à peine ont-ils été prononcés, peut-être même avant, qui sait ? Mais s'il avait pour projet, en aidant les partisans du Brexit à quitter l'Union européenne, de continuer par la suite à diviser Britanniques et Européens sur le plan stratégique, il s'est lourdement trompé.