Élections législatives au Canada : Mark Carney part favori face aux conservateurs
Antoine Malo
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Le Premier ministre du Canada et chef du Parti libéral, Mark Carney, prononce un discours devant ses partisans lors d'un rassemblement le 23 avril 2025 à Surrey, au Canada.
En un mois et demi, le Premier ministre Mark Carney a vu le Parti libéral remonter en flèche dans les sondages. Il est ainsi devenu le favori face aux conservateurs, grâce, notamment, à la démission de Justin Trudeau et des propos virulents de Trump envers Ottawa.
Si ce dimanche 27 avril Mark Carney s'adjuge les élections fédérales canadiennes, il pourra remercier Donald Trump. En multipliant les agressions contre Ottawa - entre augmentation des droits de douane et menaces d'annexion -, le président américain a en effet remis en selle le successeur de Justin Trudeau et son mouvement, le Parti libéral.
L'ancien gouverneur de la banque centrale partait pourtant de très loin. Quand, le 14 mars, il s'empare de ce poste de Premier ministre qu'il remet donc en jeu, il hérite d'un parti à terre, laminé par les conservateurs dans les sondages depuis des mois. Fin janvier, les enquêtes d'opinion annoncent même 25 points d'écart entre les deux formations. Mais, rapidement, les courbes s'inversent. Puis se croisent. Désormais, ce sont les libéraux qui sont donnés en tête (42 % contre 38 %).
Plusieurs facteurs expliquent ce revirement : la démission de Trudeau, usé par dix années de pouvoir, a d'abord reboosté les libéraux. En refusant un portefeuille ministériel sous les précédentes mandatures, Mark Carney, 60 ans, est aussi arrivé avec les habits de l'homme neuf.
Un leader rassurant
Mais l'ex de Goldman Sachs a surtout bénéficié de l'effet Trump. Les multiples provocations du républicain n'ont pas seulement soudé le pays. Elles ont aussi suscité une demande : celle d'un dirigeant capable de tenir tête à l'administration américaine.
Mark Carney qui, par le passé, a affronté plusieurs tempêtes (crise financière de 2008, le Brexit en tant que gouverneur de la Banque d'Angleterre), s'est arrogé ce rôle de leader rassurant. A contrario, Pierre Poilievre, son rival conservateur au style très trumpien, a vu sa cote dégringoler.
Newsletter
La Tribune Dimanche
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.