Après avoir fait élire Donald Trump, Elon Musk s’allie à des mouvements d’extrême droite du Vieux Continent pour imposer ses idées et son business. L'exemple de l'Allemagne et de l'Italie.Le répit offert par les incendies qui dévorent Los Angeles n'aura été que de courte durée. Après avoir étrillé les autorités californiennes et le « wokisme », tenus pour responsables de la catastrophe, Elon Musk a repris dès jeudi sur X sa croisade européenne. Dans son viseur, les deux mêmes cibles : l'Allemagne et le Royaume-Uni. Hier encore, il relayait sur sa plateforme les réactions à son entretien de jeudi soir avec la patronne de l'extrême droite allemande, Alice Weidel.
Surtout, il lançait de nouveaux missiles contre le gouvernement de Keir Starmer, surfant sur le scandale des gangs de « grooming » pédophiles. Selon un article du Financial Times paru cette semaine, l'homme le plus riche du monde croit vraiment pouvoir faire tomber l'exécutif travailliste outre-Manche.
Que cherche le patron de Tesla et SpaceX avec ce travail de sape fait de contenus conspirationnistes, de fake news et de jugements définitifs contre le Vieux Continent ? Certains experts en « muskisme » croient au virage extrême-droitier qu'aurait pris le milliardaire qui, après avoir participé à la victoire de Donald Trump, veut désormais s'attaquer à l'Europe. « Il y a eu un changement notable dans ses croyances idéologiques pendant la pandémie de Covid, explique la journaliste Flora Garamvolgyi. Du moins, c'est à ce moment-là qu'il a commencé à exprimer son soutien à des idées plus populistes et d'extrême droite. »
Pour l'historien David Colon, il y a derrière cette offensive une tentative claire de déstabilisation : « Il considère que la sauvegarde de la démocratie passe par l'effondrement des partis de gouvernement là où ces derniers sont au pouvoir. C'est une conception en miroir de la démocratie dont il se fait le chantre. » Enfin, d'autres considèrent cette nouvelle lubie européenne comme un prolongement de son combat libertarien, une volonté de casser ce monde de normes qu'il déteste tant. « Lui comme Trump cherchent d'abord à saboter toute régulation, insiste Dominique Boullier, professeur à Sciences-Po. C'est aussi un disrupteur. Plus il met le bazar, plus il est content. Dans le monde des affaires ou dans la politique. »
Antoine Malo, Hélène Kohl, Correspondante à Berlin, et Caroline Bordecq, Correspondante à Milan