Elon Musk cible ses prochaines victimes
Maurin Picard, correspondant À New York (avec Michel Cabirol)
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Elon Musk dirige l'assaut de l'administration fédérale américaine.
LTD/Kayla Bartkowski/Getty via AFP
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Elon Musk dirige l'assaut de l'administration fédérale américaine.
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La boule de démolition oscille entre les bâtiments du Triangle fédéral à Washington, semant chaos et ruine. Depuis le 20 janvier, pas un jour ne s'écoule sans que le gouvernement Trump ne désigne de nouvelles victimes au sein de l'administration fédérale : assimilée à un « État profond » gauchiste et « corrompu », celle-ci subit un assaut en règle de la part d'un commando de jeunes informaticiens, sans aucune expérience préalable, dirigé par Elon Musk.
Le « DOGE », c'est son nom - acronyme signifiant « département de l'efficacité gouvernementale » - a reçu carte blanche du 47e président des États-Unis pour nettoyer les écuries d'Augias, élaguer les branches mortes, faire des coupes claires dans les budgets ministériels, invalider les contrats et programmes jugés « woke » ou étiquetés « DEI » (diversité, équité, inclusion), limoger les fonctionnaires recrutés au titre de la discrimination positive. Musk met les bouchées doubles : il a promis, en dix-huit mois, de trouver 1 000 milliards de dollars d'économies, soit un sixième du budget fédéral, avant que le vent électoral ne commence à tourner.
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Puisque le temps presse, les méthodes sont brutales. Et illégales. Conçue à l'origine comme un conseil de surveillance purement informel, la task force d'Elon Musk regroupe une poignée de jeunes informaticiens âgés de 19 à 24 ans, sélectionnés à l'aune de leur absolue loyauté. Arborant tee-shirts et blazers, les hommes liges aux bouilles enfantines ont colonisé l'Eisenhower Executive Office Building, en bordure de la Maison-Blanche, et entrepris de prendre le contrôle virtuel de multiples agences fédérales, en examinant, notamment grâce à l'intelligence artificielle, la gestion de chacune.
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