Le second tour de la présidentielle oppose aujourd’hui, en Pologne, un centriste proeuropéen à un nationaliste conservateur. Son issue scellera le sort du Premier ministre Donald Tusk.« Nous allons savoir ce soir quelle direction la Pologne va prendre », prévient le politologue Kamil Marcinkiewicz. Deux visions de la société, de l'Europe et du monde s'affrontent dans les urnes aujourd'hui. Les résultats du second tour de l'élection présidentielle sont attendus vers 21 heures, mais l'écart entre les deux candidats s'annonce si faible qu'il faudra peut-être patienter jusqu'à demain pour savoir qui, du centriste Rafał Trzaskowski ou du nationaliste Karol Nawrocki, va donner une orientation au pays.
Dimanche dernier, à Varsovie, ils étaient des milliers à défiler pour leur candidat. Dans la « grande marche des patriotes » organisée par le proeuropéen de la Plateforme civique (PO) Rafał Trzaskowski, 53 ans, une jeune fille arborait un drapeau LGBTQ+ sur les épaules : « J'espère qu'ils légaliseront le mariage gay. » À quelques centaines de mètres de là, d'autres manifestants participaient à la « grande marche pour la Pologne ». En soutien à Karol Nawrocki, 42 ans, les pancartes hostiles au Premier ministre Donald Tusk y étaient nombreuses. « Il faut l'empêcher d'avoir les pleins pouvoirs », s'agaçait un partisan du parti conservateur Droit et Justice (PiS).
Au de-là de la confrontation entre les deux hommes, dont l'issue est incertaine, c'est l'avenir du Premier ministre, Donald Tusk, qui se joue. Plusieurs de ses réformes ont été bloquées par le président Andrzej Duda, en poste depuis 2015 et soutenu par le PiS. Depuis son retour en décembre 2023 à la tête du gouvernement - l'homme de 68 ans avait occupé cette fonction entre 2007 et 2014 -, Donald Tusk peine en effet à appliquer sa politique comme il l'entend, suscitant l'impatience de la population.
Kilian Bigogne, correspondant à Varsovie