L'événement promettait d'être « historique », afin de montrer au monde que le régime des mollahs tenait encore debout. Samedi, le pouvoir iranien a donc procédé à l'une des démonstrations de force très chorégraphiées dont il a le secret en organisant les funérailles monstres de 60 personnalités tuées par les missiles israéliens pendant la « guerre des douze jours », comme l'a appelée Donald Trump.
Parmi les « martyrs » glorifiés figuraient les principaux commandants militaires éliminés ainsi que les 11 scientifiques qui travaillaient sur le programme nucléaire. Dès les premières lueurs du jour, une foule immense s'est amassée au centre de Téhéran, sur la place Enghelab (« révolution »), entourant les cercueils recouverts du drapeau national. Onze kilomètres plus loin, le cortège s'est ébranlé sur la place Azadi (« liberté »).
Le Guide suprême, l'ayatollah Khamenei, dont la présence était annoncée, ne s'est finalement pas montré. Peut-être était-il encore trop tôt pour se permettre une apparition publique. Vendredi, Donald Trump a affirmé que, pendant le conflit, il lui avait laissé la vie sauve alors qu'il savait précisément où il se trouvait. Malgré tout, le ban et l'arrière-ban du régime, dont le président Masoud Pezechkian, ont tenu à s'afficher hier dans les rues de Téhéran.
Deux personnages clés du système iranien que les Israéliens avaient annoncés morts, le commandant de la force Al-Qods, Esmail Qaani, et Ali Shamkhani, proche conseiller d'Ali Khamenei, étaient aussi présents parmi la foule. Une façon de défier Israël mais aussi de montrer que la continuité de l'État était assurée.