Les prix du carburant vont-ils augmenter après les frappes américaines contre les sites nucléaires iraniens, qui font redouter une escalade au Moyen-Orient ? « La hausse des prix est évidente, puisque grossièrement, un dollar le baril est égale à un centime à la pompe et nous avons pris une douzaine de dollars le baril depuis l'attaque israélienne », répond Philippe Chalmin, professeur d'histoire économique à l'université Paris Dauphine et spécialiste des matières premières. « Dans le courant de la semaine, et de la semaine prochaine, nous aurons des hausses », assure-t-il auprès de La Tribune.
« Le problème est de savoir si cela va continuer à monter, selon ce qui va se passer cette semaine », explique l'expert. Téhéran a menacé clairement les États-Unis de représailles dimanche, avec le risque d'une escalade hors de contrôle au Moyen-Orient. Or, en fonction des représailles iraniennes, les exportations d'or noir depuis le Moyen-Orient pourraient se voir affectées. Avec une production d'environ 3,3 millions de barils par jour, l'Iran est le neuvième producteur au monde.
« Ce matin, à l'ouverture, les marchés n'ont pas l'air de dramatiser », observe pour sa part Philippe Chalmin. Vers 9 h 30 GMT (11 h 30 à Paris), le baril de Brent de la mer du Nord commençait déjà à baisser de 0,54 % à 76,90 dollars, après avoir bondi de 5,7 % à 81,40 dollars en début d'échanges, au plus haut depuis fin janvier. Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain perdait 0,30 % à 73,69 dollars, après s'être hissé jusqu'à 78,40 dollars quelques heures auparavant, également un sommet depuis cinq mois.