La chronique de François Clemenceau. Avec les caïds du nouveau fascisme
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Le grand Umberto Eco était-il visionnaire lorsqu'il prononça en 1995 un discours sur le fascisme à l'université Columbia de New York, aujourd'hui menacée par Donald Trump d'être placée sous tutelle du gouvernement si elle ne revoit pas ses contenus pédagogiques relatifs au genre et à la diversité ?
Ce texte d'un intellectuel mondialement connu - né sous le règne de Mussolini - eut une telle résonance qu'il fut vite adapté en livre sous le titre Reconnaître le fascisme. Le philosophe italien y détaillait quatorze traits communs, que l'on peut retrouver dans certains de nos gouvernements contemporains, plus d'un siècle après la marche sur Rome.
Donald Trump coche treize de ces quatorze cases. Et que dire du comportement au pouvoir de Viktor Orbán, Recep Tayyip Erdogan, Benyamin Netanyahou ou Aleksandar Vucic. Certes, cette recrudescence des comportements fascisants ne date pas d'aujourd'hui. À l'issue de la Seconde Guerre mondiale, nombre de régimes autoritaires et même dictatoriaux ont continué de prospérer au nom de la lutte contre le communisme, que ce soit en Amérique latine ou en Europe.
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Et la Hongrie, la Turquie, Israël ou la Serbie n'ont pas attendu la deuxième présidence Trump pour que leurs dirigeants - élus ou réélus démocratiquement - pratiquent chaque jour davantage un virilisme et une brutalité désinhibés. Mais la radicalité du président des États-Unis depuis le 20 janvier et sa main tendue - complice et bénévole - au dictateur russe Vladimir Poutine ont exacerbé cette tendance à la fuite en avant.