La chronique de François Clemenceau. L’Iran est à genoux
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LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
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C'est un président Iranien au sourire crispé qui s'est empressé de traverser le hall du nouveau palais présidentiel pour aller saluer, jeudi, le maréchal Sissi. Le prétexte ? Le sommet du D8, les huit nations musulmanes du monde émergent, se tenait cette semaine dans la nouvelle et très pharaonique capitale administrative, à une cinquantaine de kilomètres du Caire.
Certes, cela faisait des mois que diplomates iraniens et égyptiens tentaient, notamment sous médiation omanaise, d'arranger une relation des plus glaciales entre les deux pays. Mais voir débarquer Massoud Pezechkian en Égypte, deuxième puissance sunnite de la région avec l'Arabie saoudite et premier pays arabe à avoir signé la paix avec Israël, n'est pas uniquement l'aboutissement de ces seuls efforts.
« L'Iran est dans une position de fragilité au niveau régional et international comme jamais, sans doute, depuis la révolution de 1979, un rappel brutal de la façon dont les événements peuvent rapidement changer dans cette région », écrivait cette semaine Jonathan Panikoff, un ancien cadre des services de renseignement américains, à la tête aujourd'hui du programme Moyen-Orient de l'Atlantic Council.
Rien à voir avec la visite précédente en 2013 du président conservateur Ahmadinejad. À l'époque, en effet, l'Égypte était dirigée par Mohammed Morsi, premier dirigeant des Frères musulmans à prendre le pouvoir par les urnes après le printemps de la place Tahrir et la démission du président Moubarak.
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Il y avait entre les deux responsables iranien et égyptien une affinité qui tenait au principat de l'islam politique. Mais avec le coup d'État mené quelques mois plus tard par l'ancien chef des services de renseignement militaires et ex-ministre de la Défense Abdel Fattah Al-Sissi, l'heure n'était plus à la réconciliation entre ces deux grandes nations musulmanes, divorcées depuis la révolution islamiste iranienne de 1979.
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