Après une année 2023 fructueuse, la rentabilité du transport aérien a reculé en 2024. C'est l'un des enseignements des estimations présentées, mardi 10 décembre, par l'Association internationale du transport aérien (Iata). Mais derrière les grands chiffres se dessinent des écarts manifestes d'une région à l'autre. Et si les compagnies d'Amérique du Nord sont celles qui génèrent - et de loin - le plus gros volume de bénéfices, celles du Moyen-Orient sont - là aussi de loin - les plus rentables. Une sacrée revanche pour une région qui avait basculé dans le rouge avant même la crise sanitaire.
En captant plus de la moitié du trafic mondial (calculé en passager au kilomètre transporté), les deux marchés matures que sont l'Europe et l'Amérique du Nord dominent naturellement les débats. Sur les 31,5 milliards de profits nets attendus pour l'ensemble du transport aérien, les compagnies de ces deux régions vont générer, respectivement, 10 milliards et 12 milliards de dollars. Avec l'amélioration attendue des performances économiques du secteur, ces montants sont amenés à croître encore en 2025, de l'ordre de deux milliards de dollars supplémentaires pour chacun des continents.
Pour autant, les compagnies du Moyen-Orient apparaissent bien plus rentables. Emmenées par des champions comme Emirates et Qatar Airways - qui ont récemment annoncé des résultats records -, elles cumulent plus de 5 milliards de profits nets alors qu'elles représentent moins de 10% du trafic mondial. C'est largement plus que les compagnies d'Asie-Pacifique, qui retrouvent peu à peu leurs niveaux de trafic pré-Covid et disposent d'un trafic trois fois supérieur.