La chronique de François Clemenceau. Trump, roi Lion avec l’Afrique
François Clemenceau
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La chronique de François Clemenceau.
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Ce n'est évidemment pas sa crinière peroxydée qui rappelle son comportement de mâle alpha dans la jungle du rapport de force qu'est devenu le monde. Mais avec l'Afrique, Donald Trump ne joue pas seulement du concept de « la paix par la force ». Il conjugue en parallèle et avant tout le slogan « L'Amérique d'abord » qui a fait le succès de sa campagne.
Une semaine après avoir liquidé l'agence fédérale USAID, vecteur de l'aide publique américaine au développement pendant des décennies, et dont la fermeture pourrait entraîner 14 millions de morts dans les cinq ans qui viennent selon les experts de la revue scientifique The Lancet, il a reçu mercredi à la Maison-Blanche cinq chefs d'États africains. Oublions un instant ses félicitations au président libérien pour sa pratique de l'anglais, comme s'il ne savait pas que le Liberia a été fondé en 1822 par des esclaves noirs américains affranchis.
Mais l'ignorance condescendante du président américain n'est pas le sujet. Sur le fond des choses, Donald Trump s'est montré cash : « Nous changeons de politique, nous passons de l'aide publique au commerce. » Adieu aux millions de dollars versés par exemple au Liberia, jusqu'à hauteur de 2,6 % de son PIB (un record mondial), et bienvenue aux deals avec le pays des « diamants de sang » pour lesquels on se battait déjà lors de la guerre civile des années 1990.
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Un avant-goût de cette politique avait été donné lors de la signature d'un accord le 27 juin à Washington entre les représentants de la République démocratique du Congo et le Rwanda. Les deux pays sont en conflit depuis près de trente ans dans le Kivu, paradis géologique pour ses ressources minières et enfer sur terre pour ses populations civiles, victimes par millions de la guerre à laquelle se livrent les milices locales pour l'accès aux richesses du sous-sol, à l'ombre de leurs parrains de la région des Grands Lacs.
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