Minerais : pourquoi l'Afrique attise toutes les convoitises

L’Afrique dispose de réserves de nombreux minerais. (Photo d’illustration.)
Reuters

L’Afrique dispose de réserves de nombreux minerais. (Photo d’illustration.)
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« Des gens merveilleux. » Le président américain, Donald Trump, a fait les yeux doux mercredi à cinq présidents d'États d'Afrique - Liberia, Sénégal, Mauritanie, Guinée-Bissau et Gabon - qu'il avait conviés à la Maison-Blanche. Officiellement pour une rencontre centrée sur des questions commerciales, d'investissement et de sécurité, selon des responsables interrogés par l'AFP.
Mais au moment d'ouvrir le déjeuner de travail, le dirigeant américain n'y est pas allé par quatre chemins. « Il y a un grand potentiel économique en Afrique, comme peu d'autres endroits, à bien des égards », a-t-il déclaré. Donald Trump a ainsi souligné la présence de « terres de très grande valeur, de super minerais, des grandes réserves de pétrole », tout en disant vouloir accroître l'implication des États-Unis sur le continent.
Depuis son retour à la tête de la première puissance économique mondiale en début d'année, Donald Trump a mis la question des minerais au centre des négociations avec de nombreux États étrangers. Et il n'est pas le seul. Cela s'explique par le fait que ces composants sont critiques pour l'économie mondiale et la transition énergétique, particulièrement pour les appareils électroniques ou les véhicules électriques.
En la matière, l'Afrique est bien dotée. Le continent dispose d'environ 30 % des réserves minérales mondiales, selon la Commission économique pour l'Afrique des Nations unies. Notamment de minerais jugés essentiels, comme le cobalt (55 % des réserves mondiales), le manganèse (47,65 %), le graphite naturel (21,6 %), le cuivre (5,9 %), le nickel (5,6 %), le lithium (1 %) ou les minerais de fer (0,6 %), d'après les chiffres de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED).
« Ces minéraux offrent la possibilité de générer des revenus pour les gouvernements, de financer le développement, de surmonter la dépendance à l'égard des produits de base, de créer des emplois et d'améliorer le niveau de vie dans toute l'Afrique », souligne l'organisme de l'ONU. Pour autant, il estime que les pays africains n'ont pas encore pleinement saisi les chances offertes par leurs ressources naturelles. « Les estimations montrent [qu'ils] ne génèrent qu'environ 40 % des revenus qu'ils pourraient potentiellement tirer de ces ressources. »
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Or, l'avenir sera indubitablement lié à ces minerais. Véhicules électriques, panneaux solaires et futures innovation nourriront la demande, et ont d'ailleurs déjà commencé à la faire frémir. D'ici à 2050, la demande de nickel devrait doubler par rapport à 2022, selon l'Agence internationale de l'énergie, celle de cobalt tripler et celle de lithium être même multipliée par dix.
À la clé : des rentrées d'argent conséquentes pour les États africains. Les recettes mondiales tirées de l'extraction de seulement quatre minerais clés - cuivre, nickel, cobalt et lithium - sont estimées à 16 000 milliards de dollars (13 600 milliards d'euros) au cours des vingt-cinq prochaines années, d'après le Fonds monétaire international. Sur ce montant colossal, « l'Afrique subsaharienne a d'excellentes chances de récolter plus de 10 %, soit une augmentation possible de 12 % de son PIB d'ici 2050 ». Des prévisions évidemment incertaines, comme le rappelle l'institution, mais qui soulignent l'enjeu derrière ces ressources.
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Et les gains pourraient être encore plus élevés. « La région pourrait récolter une manne encore plus généreuse si, plutôt que de se contenter d'exporter ses matières premières, elle décide de les transformer sur place », note le FMI. Il semblerait que certains pays en aient bien conscience. En témoigne l'annonce du Gabon, à la fin mai, d'interdire l'exportation de son manganèse brut à partir du 1er janvier 2029, afin de mettre en place une industrie de transformation nationale.