LA TRIBUNE DIMANCHE — Avant même sa prise de fonction, Donald Trump a réitéré son intention d'augmenter les droits de douane sur les produits importés. Notamment en provenance d'Europe. Comment se préparer au choc ?
LAURENT SAINT-MARTIN — Il ne faut pas faire de l'investiture du nouveau président des États-Unis un sujet anxiogène. Ce n'est pas un inconnu, ni pour l'Union européenne, ni pour la France. Le président de la République et Donald Trump ont déjà travaillé ensemble par le passé. C'est un pays allié, avec qui les relations, y compris commerciales, sont anciennes et solides. On doit distinguer les intentions des actes : inutile de commenter des niveaux de tarifs douaniers qui n'existent pas pour l'instant.
Si les intentions se concrétisent, comment l'Union européenne peut-elle réagir ?
Les rapports de force existent, y compris dans le commerce international. D'où le rôle des négociations. Ce nouveau mandat outre-Atlantique représente une opportunité pour l'Europe - un marché puissant de 450 millions d'habitants. Mais le continent doit se réveiller. Et renoncer à la naïveté qui prévaut parfois dans ce domaine. L'UE ne peut rester le dernier joueur à respecter les règles si - et quand - les autres décident de les ignorer. Il faut être combatif. Nous avons changé d'époque, ce que traduit parfaitement l'élection de Donald Trump. La France, elle, a une voix forte à porter. Nous devons poursuivre les actions menées depuis 2017 sur le terrain économique et accélérer encore, notamment en matière de réindustrialisation et de hausse des investissements. Il faut produire davantage dans notre pays, comme dans tous les États membres de l'UE. Renforcer les chaînes de valeur. C'est à mes yeux une nécessité impérieuse. L'UE est un bloc commercial puissant et uni. Désunis face aux États-Unis et à la Chine, nous serions tous perdants.