« La production du parc mondial constitué de près de 420 réacteurs est en passe d'atteindre de nouveaux sommets en 2025 », anticipe l'Agence internationale de l'énergie (AIE) dans son nouveau rapport intitulé The Path to a New Era for Nuclear Energy. Selon ses prévisions, cette année, la production atomique pourrait atteindre 2.900 térawattheures (TWh), contre une production estimée de 2.843 TWh en 2024 et de 2.742 TWh en 2023.
Dans cette nouvelle publication, l'agence constate le retour en force de l'atome civil, comme elle le prédisait quelques années auparavant. Outre le productible en hausse, l'AIE souligne que 63 réacteurs de grande puissance, représentant une capacité de plus de 71 gigawatts (GW), sont actuellement en construction à travers le monde. « Un des plus hauts niveaux au cours des trente dernières années », pointe l'agence.
Cette dynamique s'accompagne d'un changement radical du paysage mondial du nucléaire. En effet, alors que dans les années 1990, l'Europe était à l'avant-garde de l'énergie atomique, son industrie nucléaire s'est nettement contractée depuis. Et désormais, la moitié des projets en cours de construction se trouve en Chine. Sur place, le rythme d'exécution est tel (il faut moins de six ans à l'industrie chinoise pour construire un réacteur de troisième génération) que l'AIE projette que les capacités nucléaires du pays dépasseront celles des États-Unis et de l'Union européenne réunies d'ici à 2030. Et ce, quel que soit le scénario d'étude retenu.