Poutine joue la montre
Paul Gogo
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Vladimir Poutine brouille les pistes pour garder la main.
LTD/Maxim Shemetov/POOL/AFP
Paul Gogo
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Vladimir Poutine brouille les pistes pour garder la main.
LTD/Maxim Shemetov/POOL/AFP
Il ne pouvait pas dire niet, pas plus qu'il ne pouvait approuver l'initiative américaine d'un cessez-le-feu de trente jours avec enthousiasme. Alors, Vladimir Poutine s'est fendu, jeudi, d'un « oui mais... » lorsque Donald Trump l'a sommé de répondre à sa proposition de trêve. Cette réponse floue, qui sonne positive pour les uns, peu convaincante pour les autres, est à l'image du chef du Kremlin.
Pour le comprendre, il faut se pencher tout autant sur la forme que sur le fond de ses interventions. Dans la mise en scène de jeudi dernier, c'est le dictateur biélorusse Alexandre Loukachenko qui lui a servi d'alibi pour répondre à la Maison-Blanche. La forme rappelait ainsi que l'Ukraine fantasmée par Vladimir Poutine depuis 2014 serait un pays semblable à la Biélorussie, quasiment transformé en région russe, comme le sont déjà dans la Constitution du pays quatre régions ukrainiennes.
Le fond, « nous sommes pour [le cessez-le-feu] mais il y a des nuances », ramène à une myriade de déclarations et d'articles écrits par le président russe en personne dans lesquels il décrivait son mépris pour l'Ukraine actuelle. Le dernier en date a été publié en juillet 2021.
À lire également
« Il n'y a pas de place pour une Ukraine souveraine », y expliquait-il avant de justifier sa guerre à venir dans une succession de déformations des faits et de l'Histoire. En somme, Vladimir Poutine acceptera d'arrêter la guerre - c'est le « oui » - si l'Ukraine se soumet à ses conditions maintes fois répétées - c'est le « mais ». La position maximaliste russe n'a donc pas évolué depuis onze ans.
Paul Gogo