Il n'est pas toujours bon de faire parler les morts. Surtout quand le défunt s'appelle Jeffrey Epstein. Donald Trump est en train de l'apprendre à ses dépens, en affrontant sa première vraie crise depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier. À l'origine de la tempête, il y a ce courrier, révélé jeudi par le Wall Street Journal sans qu'il ne le reproduise, que le milliardaire aurait adressé pour son anniversaire en 2003 à son ami Epstein.
L'homme d'affaires mondain fut accusé par la suite de viols et de prostitution par des dizaines de jeunes femmes et, en 2019, se suicida dans sa prison de New York. Sur cette lettre, dit le quotidien économique, un dessin représentant la silhouette d'une femme nue où est gribouillé un « Donald » censé figurer des poils pubiens. Au bas figurerait une petite phrase pleine de sous-entendus : « Joyeux anniversaire ! Que chaque jour soit un autre merveilleux secret. »
Cela fait des années que le fantôme d'Epstein poursuit le républicain qui, dans les années 1990, a participé à nombre de « soirées » organisées par le prédateur sexuel. Donald Trump n'a pas ménagé ses efforts pour être disculpé. Sans jamais dissiper le doute. Début juin, Elon Musk, en rupture de ban et revanchard, affirmait que le nom du président américain figurait dans les prétendus « dossiers Epstein », soit une liste de « clients » qui auraient pris part à ses dérives criminelles. Après les menaces du locataire de la Maison-Blanche, l'homme le plus riche du monde avait rapidement battu en retraite.