Trump et Poutine : la lâcheté en commun. La chronique de François Clemenceau
François Clemenceau
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La chronique de François Clemenceau.
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Pauvre Keir Starmer. Le Premier ministre britannique faisait peine à voir au côté du président Trump cette semaine lors de leur conférence de presse commune à l'issue d'une visite d'État conçue presque uniquement pour remettre le soi-disant champion du deal sur les rails de la réalité. Le clou de ces échanges devant la presse fut une simple phrase qui en dit long sur les illusions du milliardaire : « Je pensais que ce conflit serait le plus facile à résoudre en raison de mes relations avec le président Poutine, mais il m'a vraiment laissé tomber. »
Autrement dit, le commandant en chef de la première puissance militaire mondiale aura mis presque cinq mois avant de toucher du doigt une partie de la vérité sur sa bluette avec l'ancien chef du KGB. « Peut-être qu'il me balade », confiait en effet Trump le 26 avril à son propos. Cinq mois !
« Mais bon, on va voir comme les choses tournent, a ajouté Donald Trump. Parce que, vous savez, avec la guerre, il y a des choses qui finissent par être complètement le contraire de ce que vous croyez. » Ah bon ? Grande découverte ! La cerise sur le kartochka - célèbre gâteau russe, équivalent de notre baba au rhum -, ce fut cette réaffirmation infantile selon laquelle la guerre en Ukraine « n'affecte pas les États-Unis ». Donald Trump a fait tourner un globe sur son doigt comme un ballon de basket. Il s'est aperçu que le Royaume-Uni est « un peu plus proche du terrain », alors que les États-Unis ont « un océan qui sépare » l'Amérique de l'Europe...
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Il aura fallu tout le flegme et le sang-froid de Keir Starmer pour lui rappeler que la guerre de Poutine a redoublé de violence depuis leur sommet désastreux d'Anchorage. Et que les missiles russes ont visé le British Council de Kiev à la fin août, ainsi que le siège de la délégation européenne puis, le 7 septembre, les bâtiments du gouvernement ukrainien dans la capitale. Sans oublier ces drones russes qui ont franchi les frontières polonaise et roumaine ces derniers jours. Oui, cette guerre meurtrit le sol européen depuis plus de trois ans. Et qu'a fait Donald Trump depuis huit mois pour mettre la pression sur Vladimir Poutine afin de faire taire ses armes ? Rien.
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