Ukraine : Poutine ouvre la porte aux Européens pour régler le conflit
latribune.fr
Vladimir Poutine a insisté ce lundi sur le fait que ces pourparlers russo-américains avaient pour but de « renforcer la confiance » entre Moscou et Washington.
Le président russe a affirmé lundi que les Européens pouvaient « participer » au processus de règlement du conflit en Ukraine, alors que l’UE craint d’être marginalisée depuis le début des pourparlers directs entre Moscou et Washington.
« Les Européens, mais aussi d'autres pays, ont le droit et la possibilité de participer » au processus de règlement du conflit en Ukraine. « Et nous respectons cela », a déclaré Vladimir Poutine lors d'un entretien télévisé ce lundi 24 février.
Le président russe a affirmé que ce sont les pays européens qui ont rompu avec la Russie après le début de son assaut contre l'Ukraine il y a trois ans. « Ils ont eux-mêmes refusé tout contact avec nous, avec toutes sortes d'idées farfelues de vaincre la Russie sur le champ de bataille », a-t-il dit. « Leur participation au processus de négociation est nécessaire. Nous n'avons jamais refusé », a-t-il ajouté.
Donald Trump est allé plus loin et a assuré ce lundi que Vladimir Poutine accepterait la présence de troupes européennes de maintien de la paix en Ukraine. « Oui, il acceptera ça », a-t-il répondu, à propos de son homologue russe, à la question d'un journaliste sur l'envoi de troupes européennes de maintien de la paix. « Je lui ai posé cette question », a poursuivi le milliardaire républicain, dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche, aux côtés de son homologue français Emmanuel Macron.
« Renforcer la confiance »entre Moscou et Washington
« Le déploiement de troupes, de forces armées des pays de l'OTAN, mais sous un drapeau étranger, sous le drapeau de l'Union européenne ou sous des drapeaux nationaux (...) est absolument inacceptable pour nous », avait pourtant déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, après la rencontre entre Russes et Américains en Arabie saoudite la semaine dernière.
Vladimir Poutine a insisté ce lundi sur le fait que ces pourparlers russo-américains, les premiers à ce niveau depuis le début du conflit et dont Kiev et les Européens ont été exclus, avaient pour but de « renforcer la confiance » entre Moscou et Washington. « Aucune question ne peut être résolue sans cela. Y compris une question aussi complexe et aiguë que la crise ukrainienne », a-t-il affirmé.
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Les chefs de la diplomatie russe et américaine, Sergueï Lavrov et Marco Rubio, ont abordé en Arabie saoudite « les problèmes liés à la crise ukrainienne, mais pas la crise ukrainienne elle-même », selon Vladimir Poutine.
Poutine qualifie Zelensky de « figure toxique »
Le dirigeant russe a en revanche qualifié de « figure toxique » son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, répétant certaines des vives critiques formulées la semaine dernière par Donald Trump envers le président ukrainien. Vladimir Poutine a accusé Volodymyr Zelensky de « donner des ordres ridicules » à ses soldats, conduisant à « des pertes injustifiées, voire très élevées ou catastrophiques pour l'armée ukrainienne », et d'être « un facteur de décomposition de l'armée, de la société et de l'État ».
Il l'a accusé « d'esquiver les négociations » en soulignant que Volodymyr Zelensky avait interdit par décret en octobre 2022 tout pourparler avec lui, et a estimé que ses chances de remporter une future élection présidentielle en Ukraine sont « absolument nulles ». Ces accusations font écho à celles de Donald Trump, qui a traité Volodymyr Zelensky de « dictateur » et qui est allé jusqu'à lui faire porter la responsabilité du conflit.
Ce lundi, Vladimir Poutine a par ailleurs qualifié lundi de « bonne idée» la proposition de son homologue américain selon laquelle la Russie, les États-Unis et la Chine devraient diminuer de moitié leurs dépenses militaires.
« Nous pourrions conclure un accord avec les États-Unis : les États-Unis réduiraient de 50 % et nous réduirions de 50 %. La Chine se joindrait alors à nous si elle le souhaitait. Nous pensons que cette proposition est bonne et nous sommes ouverts aux discussions à ce sujet », a déclaré Vladimir Poutine lors d'un entretien télévisé.
Donald Trump avait suggéré mi-février que les trois plus grandes puissances militaires mondiales puissent couper de moitié leurs dépenses militaires et qu'il prévoyait d'en discuter avec Moscou et Pékin une fois que les conflits en Ukraine et au Proche-Orient seraient réglés. « Nous pourrions le faire, nous pourrions être d'accord avec les États-Unis, nous ne sommes pas contre. Je pense que l'idée est bonne », a affirmé Poutine.
La Russie a très fortement augmenté ses dépenses militaires pour soutenir son assaut contre l'Ukraine lancé il y a trois ans. Cette explosion des dépenses a soutenu la croissance économique russe mais elle a aussi notamment alimenté l'inflation. Pour 2024, le budget russe pour la défense et la sécurité s'est élevé à environ 8,7 % du PIB, selon Vladimir Poutine, une première en Russie depuis la chute de l'URSS en 1991.