Ukraine : l’Europe dos au mur
François D’alançon envoyé spécial à Munich (Allemagne)
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À Munich, Volodymyr Zelensky a incité l’Europe à « agir dans son propre intérêt ».
LTD/ THOMAS KIENZLE/AFP
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À Munich, Volodymyr Zelensky a incité l’Europe à « agir dans son propre intérêt ».
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En bon militaire, Keith Kellogg n'a pas vraiment l'habitude du langage diplomatique. Hier, l'ancien général en a fait la démonstration. L'envoyé spécial américain pour l'Ukraine a ainsi lâché une bombe à Munich, où il participait la 61ᵉ édition de la conférence sur la sécurité. Évoquant de futures négociations pour mettre fin au conflit, il a ainsi expliqué qu'« il y aura deux parties et un intermédiaire à la table » : la Russie, l'Ukraine et les États-Unis. Sous-entendu : l'administration américaine se voit comme un intermédiaire et non un allié ou un partenaire de l'Ukraine. Il a par ailleurs clairement affirmé que l'Europe ne sera pas conviée aux discussions.
« Mais leurs intérêts seront pris en compte », a-t-il précisé, magnanime. Avant de faire la leçon aux Vingt-Sept : « À mes amis européens, je dirai : entrez dans le débat, non pas en vous plaignant pour savoir si oui ou non vous serez à la table des négociations, mais en faisant des propositions concrètes, en proposant des idées, en augmentant les dépenses [de défense]. »
Pour les Européens, cette déclaration est une vraie douche froide, alors que ces derniers jours ils répétaient que le destin de l'Ukraine ne pourrait se décider sans eux. Pourtant, ils auraient dû écouter plus attentivement Volodymyr Zelensky, qui, quelques heures plus tôt, n'avait pas hésité à dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas.
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Dans la salle des fêtes du Bayerischer Hof pleine à craquer, il appelait l'Europe « à agir pour son propre bien ». L'époque où l'Amérique soutenait le Vieux Continent simplement parce qu'elle l'avait toujours fait est révolue, a-t-il poursuivi. Et d'exhorter l'Europe à « construire ses propres armées, en collaboration avec l'Ukraine », devenue le leader mondial de la guerre des drones.
François D’alançon envoyé spécial à Munich (Allemagne)