Zaw Wai Soe, ministre birman du gouvernement d’union nationale : « 2025 sera l’année de notre victoire »
Antoine Malo (propos recueillis)
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Reuters
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Une fois par an, la dictature birmane sait se montrer généreuse. Ce samedi 4 janvier, comme à chaque à célébration du jour de l'indépendance, les militaires ont donc gracié des prisonniers. 6.000 détenus - 3.000 de moins que l'année passée - ont ainsi recouvré la liberté. Mais ces festivités ont aussi montré la grande fébrilité de la junte, arrivée au pouvoir après le coup d'Etat de février 2021 qui a déposé la Première ministre et Prix Nobel de la Paix, Aung San Suu Kyi. Ainsi, c'est sous haute protection que les quelques 500 membres du gouvernement et militaires ont assisté à la cérémonie officielle organisée dans la capitale Naypyidaw.
Autre signe qui ne trompe pas : Min Aung Hlaing, le chef de la junte, était absent et c'est son adjoint, Soe Win, qui a dû prononcer un discours en son nom. La cause de cette prudence ? Les multiples revers militaires subis récemment par l'armée face à une coalition de mouvements ethniques armés née après le putsch. Si le bilan de cette guerre débutée il y a presque quatre ans est très lourd -plusieurs milliers de morts et, selon une estimation de l'ONU publiée vendredi, quelque 3,5 millions de déplacés-, le conflit semble inexorablement tourner en faveur de la rébellion qui ne cesse de gagner du terrain. Pour La Tribune Dimanche, Zaw Wai Soe, le ministre de la Santé et de l'Education du gouvernement d'unité nationale (NUG) qui rassemble l'ensemble des forces hostiles au régime, revient sur cette révolution menée depuis 2021. Il assure que les heures du régime birman sont comptées.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Cette journée de l'Indépendance montre-t-elle les faiblesses du régime birman ?
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ZAW WAI SOE - Certainement et d'ailleurs nous pensons que 2025 sera l'année de notre victoire. La révolution qui dure depuis 2021 ne cesse de progresser. Nous avons commencé par des manifestations pacifiques. Puis, comme la junte nous assassinait, il a fallu nous défendre. Tous les groupes ethniques, tous les groupes révolutionnaires ainsi que le gouvernement d'union nationale dont je fais partie ont décidé de s'unir pour combattre la dictature. Nous avons commencé de zéro, sans armes ni munitions. Aujourd'hui, nous contrôlons la majeure partie du pays.
Antoine Malo (propos recueillis)