ArcelorMittal confirme un investissement majeur aux États-Unis, un camouflet pour l’Europe ?

Pierrick Merlet

Le métallurgiste ArcelorMittal vient d'annoncer un nouvel investissement majeur aux États-Unis.
Stephane Mahe

Pierrick Merlet

Le métallurgiste ArcelorMittal vient d'annoncer un nouvel investissement majeur aux États-Unis.
Stephane Mahe
Un coup double. À l'occasion de la publication de ses résultats de l'année 2024, jeudi 6 février, le métallurgiste ArcelorMittal a confirmé l'ouverture prochaine d'une usine « d'acier électrique », à Calvert, aux États-Unis. Dans son communiqué, le groupe souligne que ce nouvel outil industriel aura une capacité annuelle de 150 000 tonnes d'acier. Après la réalisation de cet investissement estimé à 900 millions de dollars, l'entité estime que la production pourra débuter au cours du « second semestre de l'année 2027 ».
Cette annonce, bien que sommaire dans la forme, apparaît comme une ultime provocation, ou un coup de pression envers l'exécutif européen. Il y a quelques semaines, ArcelorMittal a décidé de mettre en pause son projet d'investissement estimé à 1,8 milliard d'euros, à Dunkerque, pour décarboner la production d'acier.
« Nous serons en mesure de clarifier nos intentions d'investissement durant le deuxième ou troisième trimestre de cette année, quand la commission européenne aura présenté ses intentions », a déclaré il y a quelques jours, le président d'ArcelorMittal France, Alain Le Grix de la Salle, devant les députés de la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale.
Avant de mener de tels investissements en Europe, le groupe aurait fait savoir auprès de la Commission européenne qu'il était dans l'attente de mesures de soutien et surtout de protection sur le marché de l'acier, confronté à l'offensive massive et à bas coût de l'acier chinois en Europe. Depuis plusieurs mois, la France milite auprès de la Commission européenne pour un plan d'urgence sur l'industrie automobile, la chimie et la sidérurgie. Le sommet informel qui s'est tenu à Varsovie (Pologne) cette semaine a été l'occasion pour les pays membres d'en discuter, en amont de la présentation prochaine du Clean Industrial Deal.
« Les projets de décarbonation à grande échelle progressent à un rythme plus lent que prévu initialement en raison de l'insuffisance des développements politiques et du marché », rappelle d'ailleurs le groupe dans le rapport sur ses résultats de l'exercice achevé.
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En attendant un éclaircissement sur le cadre réglementaire européen, ArcelorMittal s'attend tout de même à une année 2025 intéressante pour son activité.
« La société s'attend à une demande apparente plus élevée au cours de l'exercice 2025 par rapport à l'exercice 2024. Avec des niveaux de stocks faibles, en particulier en Europe, la société est optimiste quant au fait que l'activité de réapprovisionnement complétera l'amélioration réelle de la demande », commente l'entreprise dans un communiqué.
Cet optimiste arrive après un exercice 2024 mitigé. Sur l'ensemble de l'exercice 2024, ArcelorMittal a dégagé un résultat net de 1,34 milliard de dollars, contre 919 millions de dollars en 2023. Mais la société précise que ce chiffre a été impacté par des « éléments hors trésorerie et exceptionnels » pour un milliard de dollars.
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Quant à ses ventes, celles-ci ont connu une baisse notoire d'une année à l'autre. Les 68,2 milliards de dollars de l'année 2023 ont laissé place aux 62,4 milliards de l'exercice qui vient de se clôturer. Malgré tout, ArcelorMittal évalue son résultat opérationnel à 3,31 milliards de dollars, contre 2,34 milliards de dollars en 2023.
Pierrick Merlet