ENTRETIEN — Pour réduire les inégalités femmes-hommes dans le cadre professionnel, Bérangère Couillard souhaite travailler sur la parentalité.LA TRIBUNE DIMANCHE — Quel est le chantier prioritaire aujourd'hui pour réduire les inégalités au travail ?
BÉRANGÈRE COUILLARD — Mieux traiter la question de la est indispensable pour atteindre l'égalité professionnelle. Dans le baromètre Ipsos-Elle-La Tribune Dimanche, je note que les femmes sont peu nombreuses, seulement une sur deux, à se déclarer ambitieuses. Mais c'est aussi parce qu'elles ne peuvent pas se le permettre ! La difficulté à trouver un mode de garde adapté a des conséquences sur la carrière des jeunes parents. C'est particulièrement vrai chez les mères, qui sont freinées dans leur progression professionnelle. J'appelle chaque municipalité à évaluer les besoins en crèches et en assistantes maternelles et à favoriser les modes de garde dans leur commune.
Le congé de naissance proposé par la ministre déléguée Aurore Bergé va-t‑il dans le bon sens ?
Il faut impliquer le deuxième parent dans la vie familiale dès les premiers jours de l'enfant. Nous demandons qu'il y ait un congé parental mieux partagé et mieux rémunéré. Cette proposition va dans le bon sens. Il faudra voir selon quelles modalités il s'applique.
Où en est-on en matière d'égalité salariale ?
La loi de 1972, qui pose le principe de l'équité salariale, n'est toujours pas appliquée. À poste égal et à temps de travail égal, les femmes sont payées en moyenne 4 % de moins que les hommes. L'écart se creuse encore davantage si on prend en compte le fait que les femmes sont sous-représentées dans les métiers les mieux rémunérés : à temps de travail égal, leur rémunération est inférieure de 9 % à celle des hommes. Il faut faire appliquer la loi et prononcer plus de sanctions lorsqu'elle ne l'est pas. Seule une quarantaine d'entreprises se sont vu appliquer une sanction financière depuis l'entrée en vigueur de la loi. Le gouvernement a confié au Haut Conseil à l'égalité un travail sur la transposition de la directive européenne sur la transparence des rémunérations. Elle doit permettre à chaque candidat à un emploi d'accéder à la fourchette de rémunération prévue pour le poste.
Propos recueillis par Léna Ménager