[Article corrigé le 23/03/25 à 10h34, en 11e paragraphe, ndlr]
Aux coups de semonce ont succédé des tirs à balles réelles. Puis le couperet est tombé. Le 21 mars, une annonce laconique de l'Élysée a mis fin aux fonctions de Luc Rémont, 55 ans, PDG d'EDF, trois mois avant l'expiration officielle de son mandat. Soit l'un des plus brefs de ceux des 17 dirigeants de l'histoire de l'entreprise publique depuis sa création en 1946, deux ans et trois mois aux commandes. Bernard Fontana, 64 ans, ex-directeur général de Framatome, filiale de l'énergéticien et chaudiériste de la maison mère, le remplacera. Mais sa nomination ne sera définitive qu'après le feu vert de l'Assemblée nationale et du Sénat, selon l'article 13 de la Constitution.
L'éviction du patron du numéro deux mondial de l'énergie, même brutale, n'a surpris personne. Les signaux négatifs s'étaient multipliés depuis plusieurs mois. « Les relations avec l'Élysée ont été tendues dès avant son arrivée », remarque un ancien de Bercy. En septembre 2022, alors que l'État, actionnaire à 100 % du groupe depuis la même année, recherche le profil idéal pour prendre la suite de Jean-Bernard Lévy, le président de la République veut dissocier les fonctions à la tête d'EDF, en préférant un tandem composé d'un directeur général et d'un président non exécutif.