EDF : les raisons du divorce entre Luc Rémont et l’Etat
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MIGUEL MEDINA / AFP
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D'une part, un gouvernement bien décidé à « réindustrialiser la France » en proposant aux entreprises les plus gourmandes en électricité des prix stables, prévisibles et les plus attractifs possible. De l'autre, un patron résolu à éponger la dette colossale de son groupe, en dégageant des marges confortables sans céder à toutes les injonctions de son actionnaire, l'Etat. « Que pouvait-il mal se passer ?, ironise un connaisseur du dossier. Depuis le début, les deux parties ont une vision diamétralement opposée ».
Alors que le PDG d'EDF, Luc Rémont, a été remercié vendredi par l'Elysée, l'issue semblait difficilement évitable. Car depuis sa nomination en novembre 2022, l'ancien banquier d'affaires n'en démordait pas : servir l'intérêt de la France, oui, mais pas au détriment de celui de son entreprise, répétait-il sur scène comme en coulisses. « EDF n'est pas nationalisé, il a un actionnaire à 100 % ! », résumait-il en juin 2023 au colloque de l'Union française de l'électricité (UFE).
Fort de cette stratégie, Luc Rémont a d'ailleurs cru remporter d'importantes batailles. Nommé en novembre 2022, peu après l'annonce par l'Etat d'un rachat de tous les titres de la société, celui-ci a eu la lourde tâche de négocier la future politique commerciale de l'entreprise. Et semblait, jusqu'à ce vendredi, avoir su imposer sa vision.
Concrètement, il s'agissait là de trouver un successeur au système d'Arenh (accès régulé à l'électricité nucléaire historique), un dispositif qui oblige depuis quinze ans EDF à vendre une grande partie de sa production au prix cassé de 42 euros le mégawattheure (MWh). Qualifié de « poison » par son prédécesseur, Jean-Bernard Lévy, ce mécanisme arrivera à échéance fin 2025.
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Après un bras de fer de plusieurs mois, Luc Rémont était parvenu à faire plier l'ex-gouvernement. Ce dernier voulait continuer de réguler les prix du parc nucléaire dès 2026, afin d'assurer une visibilité maximale sur les tarifs de l'électricité. Mais c'est une régulation bien plus souple qui s'est imposée. Dans un accord présenté en novembre 2023, l'Etat renonçait, en effet, à encadrer strictement la politique commerciale d'EDF pour lui faire vendre à un niveau proche de ses coûts de production. Et le laissait plutôt négocier selon ses termes, sur des logiques de marché.
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