Une nouvelle enquête d’Havas-l’Observatoire des marques dans la cité met en lumière une nette évolution dans la perception des entreprises par l’opinion en France.Ils sont neuf. Neuf milliardaires nommés au sein de l'administration Trump, lui-même détenteur d'un patrimoine de 5,1 milliards de dollars. Un record absolu en deux cent quarante-neuf ans d'histoire des États-Unis. À leur tête, l'homme le plus riche du monde, Elon Musk (342 milliards), fondateur entre autres de SpaceX et de Tesla, responsable de surcroît de l'« efficacité gouvernementale ».
Mais y figurent aussi des personnalités moins connues, comme l'investisseur Stephen Feinberg (Défense, 5 milliards), la reine du catch Linda McMahon (Éducation, 3,5 milliards) ou le financier Howard Lutnick (Commerce, 3,1 milliards). Tous ont un autre point commun : chefs d'entreprise, ils se trouvent désormais au cœur du gouvernement fédéral de la première puissance mondiale.
« C'est l'ère "Trusk" », résume Mayada Boulos, directrice exécutive d'Havas Paris, qui utilise ce néologisme (une contraction des patronymes Trump et Musk) pour traduire une perméabilité totale entre le monde des affaires et la sphère politique outre-Atlantique, à travers le triomphe d'une « logique transactionnelle » et la suprématie du « deal ». En témoignent la nouvelle concurrence entre États, avec la mise en place de barrières douanières, ou bien la « gold card », qui permet d'acquérir la nationalité américaine moyennant le paiement de 5 millions de dollars, transformant ainsi la citoyenneté en marché.
Un phénomène américain qui semble contaminer l'Europe
Et en France ? Dans la quatrième édition d'une enquête réalisée par Havas pour -l'Observatoire des marques dans la cité se confirme « un point de bascule », selon la dirigeante du groupe de communication : « Les marques deviennent de plus en plus militantes, plus politiques de ce côté-ci de l'Atlantique. Quand les patrons multiplient les prises de parole publiques hors de leurs champs d'activité, sur des sujets économiques et sociétaux. »