L'édito éco de Lucie Robequain. Budget : cette inconstance qui nous tue
Lucie Robequain
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La France a du mal à courir plusieurs lièvres à la fois. Ce qui semblait prioritaire à l'automne devient dérisoire au printemps. Une priorité chasse l'autre, au gré des urgences et des vicissitudes politiques. En septembre, le gouvernement tout entier s'attelait au sauvetage des finances publiques.
Aujourd'hui, c'est le réarmement de l'Europe qui occulte le reste. Face à la menace russe, le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, réclame un doublement de son budget annuel, de 50 milliards à 100 milliards d'euros. Pour défendre notre sécurité, quoi qu'il en coûte.
On parlait déjà de réarmement il y a un an, mais démographique : c'était la mission que s'était assignée Emmanuel Macron pour repeupler la France. Dans six mois, quelle sera la nouvelle obsession française ? Cette inconstance ferait sourire si elle n'était que verbale. Mais elle entraîne l'État dans une politique de « stop and go » qui le rend de moins en moins efficace.
Revenons à la défense : chacun sait qu'on ne rattrape pas trente ans de sous-investissements en quelques mois, ni même quelques années. L'Europe a pris tellement de retard dans certaines technologies (drones, bouclier antimissiles, etc.) qu'elle est obligée de recourir à des fournisseurs étrangers, notamment américains.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : en cinq ans, les importations d'équipements militaires de l'UE ont doublé, révélait l'institut Sipri [l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm] au début du mois.
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