L'édito éco de Lucie Robequain. Tout ne va pas si mal
Lucie Robequain

Retrouvez l'édito de la semaine du 31 août de Lucie Robequain.
LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
Lucie Robequain

Retrouvez l'édito de la semaine du 31 août de Lucie Robequain.
LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
Les Français font partie des peuples les plus pessimistes du monde, et ce n'est sans doute pas cette rentrée qui va changer la donne : entre crise politique et tensions internationales, cette fin d'été s'annonce aussi sombre qu'un ciel de novembre. Ne reculant devant aucun défi, nous avons néanmoins trouvé trois raisons de vaincre la sinistrose et de croire en l'avenir.
La première raison, c'est que la situation budgétaire de la France s'améliore. Nous l'avons appris ce vendredi : après deux années de dérive, le déficit public s'est réduit de 7 milliards d'euros au cours du dernier semestre pour atteindre 5,4 % du PIB. C'est l'objectif que s'était assigné le gouvernement pour cette année : les promesses sont donc tenues. Le plus dur est évidemment à venir, mais c'est la preuve que l'assainissement budgétaire est encore possible, même sans majorité parlementaire.
Deuxième bonne nouvelle : le pouvoir d'achat des Français va moins mal qu'on le dit. Il a légèrement progressé ces trois derniers mois (+0,2 %), a également fait savoir l'Insee vendredi. La raison ? Le prix du pétrole a beaucoup baissé depuis le début de l'année et bénéficie à tous ceux qui font leur plein d'essence chaque semaine.
Il en va malheureusement de l'essence comme des trains : on n'en parle que lorsque ça va mal. Le prix moyen du sans-plomb s'est réduit d'une dizaine de centimes depuis janvier. Et la décrue devrait se poursuivre jusqu'à la fin d'année, prédit le ministère américain de l'Énergie.
À chaque plein d'essence, ce sont donc quelques euros de moins qui sortent de la poche des Français, des artisans, des commerciaux et des infirmiers. Conséquence attendue : l'inflation baisse, la consommation des ménages augmente et la croissance frémit.
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Les économistes de Rexecode ont fait leurs calculs : chaque fois que le baril de pétrole baisse de 10 dollars — c'est le cas depuis janvier —, le PIB français augmente d'au moins un dixième de point et les entreprises créent l'équivalent de 20. 000 emplois. L'Insee l'a d'ailleurs confirmé vendredi : la croissance a légèrement accéléré au dernier trimestre (+0,3 %).
Dernière réjouissance : nous respirons mieux ! La pollution à Paris a nettement baissé récemment. Les concentrations de dioxyde d'azote ont chuté de 40 %, en dix ans, et les particules fines de 28 %, a révélé cette semaine l'association qui mesure la qualité de l'air dans la capitale (Airparif).
Pourquoi ? Parce que les véhicules sont plus propres et que le trafic routier diminue avec la piétonnisation des berges de la Seine, les zones à trafic limité et le développement des pistes cyclables.
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Et parce que le renouvellement des chaudières et l'isolation thermique font chuter l'exposition aux particules fines. Cela montre que l'action climatique n'est pas un vain mot et que, en dépit des nombreux reculs en Europe et dans le monde, il est possible d'agir à l'échelle locale. Le gouvernement vit certainement ses derniers jours : cela ne nous condamne pas collectivement à l'immobilisme.
Lucie Robequain