La chronique de Marc Fiorentino. Joue-la comme Warren ?
Marc Fiorentino

Découvrez la chronique de Marc Fiorentino.
LTD/Fabien Clairefond
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Je vais vous faire une confession. J'ai un regret. Ne pas avoir confié toutes mes économies à Warren Buffett. Au lieu de passer des heures, des jours, des semaines à chercher les bonnes allocations, les bons placements, les bons tuyaux pour gérer mon argent. Et pour conseiller les épargnants.
C'était une évidence : il suffisait d'acheter les actions Berkshire Hathaway, la holding du maître absolu de l'investissement pour s'enrichir en dormant. Si j'en parle aujourd'hui, c'est que, lors de cet événement planétaire qu'est la réunion des actionnaires de la holding de Buffett, celui qu'on appelle « l'Oracle d'Omaha » a annoncé, à 94 ans, qu'il allait passer la main à la fin de cette année, devant 18 .000 fidèles venus, comme chaque année, écouter religieusement la bonne parole.
Et la retraite de Warren Buffett marque un tournant. Un tournant pour les actionnaires de Berkshire Hathaway. Mais un tournant également pour la Bourse et pour l'investissement en actions. Warren Buffett a transformé une entreprise textile rachetée en 1965 en un géant de l'investissement. Un géant de 1.100 milliards de dollars, avec 350 milliards de dollars de cash... Un vrai trésor de guerre. Et un rendement annuel moyen de... 20 %. Vous avez bien lu : 20 %. Deux fois plus que celui de l'indice S&P 500 sur la même période. Une performance unique. Et hallucinante.
La retraite de Warren Buffett marque aussi le passage de témoin de la gestion « active » vers la gestion « passive ». La gestion active est une gestion de conviction, par des gérants spécialisés qui font de la sélection de valeurs en fonction de plusieurs critères d'analyse fondamentale. La gestion passive, qu'on appelle aussi gestion indicielle, est une gestion automatisée, algorithmique, qui se contente de répliquer leurs indices de référence.
Avec la gestion passive, vous ne misez pas sur le talent d'une équipe de gérants, vous misez sur un indice boursier, le MSCI World, le S&P 500, le Nasdaq, le CAC ou encore des indices sectoriels comme la défense par exemple, très à la mode depuis quelques mois.
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Or, depuis plus de dix ans, la gestion active perd du terrain face à la gestion passive. Les ETF, les fonds indiciels, se développent à une vitesse croissante. C'est un véritable tsunami. Pour une raison simple : la gestion active sous-performe par rapport à la gestion passive pour près de 85 % des gérants, alors que les frais de gestion des fonds actifs sont très largement supérieurs aux frais de gestion des ETF : 1,5 à 2 % pour les uns, moins de 0,2 % pour les autres.
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Certains gérants actifs tirent néanmoins leur épingle du jeu, même s'ils sont de plus en plus rares. Warren Buffett était le représentant brillant et constant de la résistance humaine face à la machine, avec une méthode de gestion simple en apparence - peu d'investissements mais des investissements massifs comme son pari sur Apple - s'avérant toutefois d'une efficacité redoutable.
Marc Fiorentino