Greg Abel, le discret héritier de Warren Buffett à la tête de Berkshire Hathaway
Esther Attias
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Greg Abel (à gauche) prendra la tête d’un empire complexe composé d’une soixantaine d’entreprises issues de secteurs différents, mais aussi d’un énorme portefeuille d’’actions.
PORTRAIT. Le successeur de Warren Buffett doit être désigné par le conseil d’administration de la firme ce mardi 6 mai. Ce Canadien de 62 ans, longtemps resté sous les radars, a de nombreux défis devant lui.
Warren Buffett, que Wall Street a adoubé « l'Oracle », n'a visiblement pas partagé ses dons de prescience avec son héritier annoncé, Greg Abel. Lorsque le célèbre fondateur de la société d'investissement Berkshire Hathaway a déclaré, cinq minutes avant la fin de son assemblée générale annuelle, qu'il quittait son poste de directeur général à la fin de l'année, à 95 ans, même son fidèle lieutenant été pris par surprise.
Mardi 6 mai, le conseil d'administration devrait adouber au poste de CEO celui qui était, jusque-là, le vice-président des opérations « hors assurance » de la société d'investissement. « Je m'attends à ce que ce soit à l'unanimité », a intimé le nonagénaire, sur la scène du CHI Health Center d' Omaha, samedi 3 mai.
Mais l'investisseur, devenu une légende vivante de la finance mondiale, n'a pas totalement tiré sa révérence. Celui qui, avec son partenaire Charlie Munger, a généré des retours sur investissement de 20 % par an pendant 60 ans, compte encore demeurer président de la firme.
La relève de l'un des financiers les plus influents du XXe siècle
Désigné depuis 2021 comme le futur capitaine de l'immense paquebot Berkshire - huitième capitalisation boursière, valorisée 1,2 mille milliards de dollars, soit 4,6 fois Hermès, la première valorisation du CAC40 - Greg Abel reçoit un cadeau aux airs de fardeau : prendre la relève de l'un des financiers les plus influents du XXe siècle.
Il prendra la tête d'un empire complexe composé d'une soixantaine d'entreprises issues de secteurs différents, mais aussi d'un énorme portefeuille d'actions - incluant Coca Cola, American Express ou encore Apple - qui rapporte près de 10 milliards de dollars par trimestre. Il aura également les clés d'un vaste trésor de guerre de 348 milliards de dollars, dont les investisseurs attendent de lui qu'il place avec autant de génie que son prédécesseur.
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